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  • Gilbert

Season's Greetings...comme disent les Anglais

Nous voici donc au crépuscule de l’année 2020, année pour laquelle personne je pense n’éprouvera de remords lorsque s’achèvera le 31 décembre, non ? C’est vrai qu’elle laissera pour beaucoup d’entre nous un goût plutôt amer, tout au moins pour ceux qui ne sont pas atteints du fameux virus Covid 19 qui fait perdre goût et odorat.

Deux confinements, un dé-confinement estival délirant, des ergotements grotesques sur le port du masque, des tonnes de gel hydro alcoolique, des couvre-feu, des couacs et de multiples contradictions de la part de notre Gouvernement, des centaines de milliers de décès à travers le monde, un effondrement de l’économie, des petites entreprises en cessation totale d’activité, la découverte pour beaucoup du télétravail massif pour les plus chanceux, mais par ailleurs combien de nouvelles personnes dans le dénuement, combien de victimes de la maladie qui ont eu du mal à s’en sortir, combien de victimes a minima de la déprime ??

On a eu certes droit en cette année très spéciale au printemps à des images étonnantes de capitales désertées de sa population, et à une baisse unique du taux de pollution avec l’arrêt complet de l’industrie…Bref, à une reprise en mains de la planète à de nombreux endroits par la faune et la flore, comme si la Terre subitement avait dit stop d’un seul coup à tous les abus perpétrés par l’homme…


Pour être plus précis en ce qui concerne l’objet de ce site, et donc couronner le tout, un désastre du côté du secteur des services, de la restauration, du tourisme, des activités dites ‘non essentielles’ (mais sur quels critères est-ce jugé, quand on peut acheter des magazines en grande surface mais pas des livres en librairie ???), dont, ‘last but not least’, la culture. Car 2020 aura été une année sans beaucoup de choses : sans festival, sans concert, sans salles de sport, sans la présence de public pour les émissions de TV en direct, sans discothèque et à part une courte parenthèse entre juin et octobre, pas de représentations de pièces de théâtre, pas de séances de cinéma…

Et pourtant, des études scientifiques apparemment sérieuses affirment qu’aucun cluster n’a jamais été enregistré ni au cinéma ni au théâtre dès lors que les gestes barrières et distanciation ont bien été respectés !

Que dire du sort des comédiens, de celui des intermittents du spectacle qui vivent autour de ces mondes de la culture, que le Gouvernement a pour d’incompréhensibles raisons choisi de blacklister ? Est-on moins contaminé dans un supermarché, une galerie marchande – bondée avant Noël- un grand magasin que dans un cinéma ou un théâtre ?

Une chose est certaine, c’est qu’à part de grandes majors comme Disney, les petites sociétés de production font grise mine alors que les Amazon TV, Netflix, Apple TV ou autres Disney TV ont engrangés combien de nouveaux abonnés et par voie de conséquence ont ouvert une brèche large à la désertion des salles obscures…

Il est vrai que ces médias ont connu un immense succès par défaut d’autre chose, et puis, force est de constater, même pour le puriste amateur de salles obscures que je suis, que certains films ou séries diffusés valaient le détour. Peut-être devrais je m’y mettre aussi un jour ?

Mais c’est bien l’amertume qui domine cette chronique de fin d’année que j’aurais voulu écrire avec une plume plus enjouée : alors, pour 2021, je n’ose pas aujourd’hui présenter mes vœux de bonne année, de bonne santé, de bonheur et réussite, tant la visibilité qu’on a sur les évènements des prochains jours est limitée, et il reste au moment où j’écris ce billet encore plus de 8 jours avant d’y arriver. Je me contenterais de vous recommander de rester prudents, mais surtout de profiter de l’instant présent dès lors qu’il est synonyme de bonheur. En espérant tout de même que le pessimisme ambiant fera d’ici quelques mois place à des éclaircies sur les plans de la santé et de l’économie, d’un retour à une certaine liberté, et surtout la possibilité pour le monde de la culture de sortir du marasme ambiant.


Amertume certes, mais aussi beaucoup de tristesse en supplément : pour clore cette triste année, je vous livre une fois de plus une rubrique nécrologique encore alourdie côté comédiens. Après la disparition de la charmante Caroline Cellier le 16 décembre dernier des suites d’une longue maladie, c’est aujourd’hui le tour de Claude Brasseur de tirer sa révérence, à l’âge de 84 ans.

Caroline Cellier a été rendue célèbre par sa présence régulière au petit écran comme au grand et au théâtre dans des seconds rôles, interprétation qui a été saluée par un César du Meilleur Second rôle féminin en 1985 dans ‘L’année des méduses’. Elle a tourné avec les plus grands metteurs en scène, dont Claude Lelouch ou Claude Chabrol. Caroline Cellier a été également la compagne de Jean Poiret dès les années 60 (ils se sont rencontrés en 65 sur le tournage de ‘la tête du client’ de Jacques Poitrenaud). De leur union est né en 1978 leur fils Nicolas Poiret, scénariste de la sitcom ‘Parents mode d’emploi’ ; Caroline et Jean Poiret se sont même mariés en 1989, juste trois avant le décès de ce dernier d’une crise cardiaque en 1992. Elle revient au cinéma à partir de 1997 dans des comédies telles ‘Didier’, d’Alain Chabat, ‘le plaisir (et ses petits tracas)’ de Nicolas Boukhrief (1998), puis dans ‘Jean Philippe’ de Laurent Tuel (2006). La maladie ensuite l’éloignera de la scène et des tournages.


Et aujourd’hui, c’est Claude Brasseur le seul survivant du cultissime ‘Un éléphant, ça trompe énormément’ qui tire sa révérence, juste quelques mois après Guy Bedos. Dans la famille Brasseur (c’est toutefois un pseudo), on est comédien de père en fils, c’est une quasi-dynastie… Claude Brasseur a pris le relais de son père Pierre, comédien incontournable de l’après-guerre et de sa mère Odette Joyeux. Mais bien que Claude ait tourné une centaine de films, il a toujours conservé une grande humilité vis-à-vis de cette carrière, embrassée un peu par hasard sur les conseils d’Elvire Popesco, qui voit d’un bon œil son accent parisien et sa voix rauque. Après de multiples seconds rôles au cinéma dans les années 60, c’est la série « Vidocq » de Marcel Bluwal , diffusée dans les années 70 à la télévision dans laquelle il interprète le héros qui le rendra célèbre auprès du public, d’abord dans des films de télévision, puis au théâtre et sur le grand écran, notamment dans ‘Une belle fille comme moi’ de François Truffaut et ‘le viager’ de Pierre Tchernia (1972), ‘Un éléphant ça trompe énormément’ (1976) , ‘Nous irons tous au paradis’ ‘ (1977) d’Yves Robert, puis il rencontrera un grand succès public avec ‘La boum’ de Claude Pinoteau (1980), aux côtés de la débutante Sophie Marceau… Il tournera avec les plus grands : Molinaro, De Broca, Boisset, Béhat, Rouffio, Giovanni, Godard, Zidi, enchaînant films d’époque, comédies et films plus intimistes, avant de renouer en 2006 avec un grand succès populaire, la comédie franchouillarde de Fabien Onteniente ‘Camping’.

Mais jamais Claude Brasseur n’a voulu se mettre en avant dans ses interprétations, qu’il interprète un vendeur de voiture, un flic, un bandit, un détective, un personnage historique, un amant… Claude Brasseur n’a jamais eu de plan de carrière : ses rôles, il les a choisis au feeling, ce qui fait que les critiques de cinéma n’ont pas toujours été tendres avec lui…


Une chose est certaine, sa présence au cinéma et au théâtre ainsi que son timbre si reconnaissable vont nous manquer. RIP Claude Brasseur.



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