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Acteurs 

Sadaf Asgari

Behnaz Jafari

Babak Karimi

Fereshteh Sadre Orafaee

Forough Ghajebeglou

Arman Darvish

Fereshteh Hosseini

Synopsis

Iran, de nos jours. Maryam, 22 ans, tue accidentellement son mari Nasser, 65 ans. Elle est condamnée à mort. La seule personne qui puisse la sauver est Mona, la fille de Nasser. Il suffirait que Mona accepte de pardonner Maryam en direct devant des millions de spectateurs, lors d’une émission de téléréalité. En Iran cette émission existe, elle a inspiré cette fiction.

Mon commentaire

Pour ceux qui comme moi l’ignoraient, ‘Yalda’ est une fête zoroastrienne très importante en Iran, puisqu’en cette soirée est célébrée la plus longue nuit de l’année, équivalente donc de notre solstice d’hiver. Ce jour-là, c’est le bonheur et la joie qui doivent dominer, et plus que tout, la vie…

Pourtant en cette soirée est présentée à la télévision une émission de télé-réalité très populaire destinée à mettre en présence un ou une accusée condamné(e) souvent à la peine capitale - la pendaison- face à la partie civile. En l’occurrence, ce soir c’est la jeune Maryam, (Sadaf Asgari), 22ans, qui se trouve opposée à Mona Zia (Benaz Jafari), la fille de Nasser, 65 ans, le mari que Maryam est accusée d’avoir tuée, qui était le directeur d’une grande agence de publicité iranienne. Bien que le pardon ultime revienne à Mona, le public peut de son côté voter par SMS pour faire pencher la balance et permettre à la partie civile de toucher le ‘prix du sang’ qui lui sera versé par les sponsors de l’émission...

Inutile de préciser que le film bénéficie d’un scénario très original, mais il est inspiré de faits réels, puisque l’émission de télé-réalité existe bel et bien en Iran depuis une dizaine d’années sous le nom de ‘Lune de Miel’. Vu du côté occidental, on a du mal à imaginer comment une émission de télé-réalité permet de jouer si ouvertement et sans complexe avec la vie ou la mort d’un participant, simplement parce qu’il parviendra à convaincre la partie accusatrice en implorant son pardon !

Grâce à une mise en scène intelligente qui, après l’arrivée de la condamnée menottes aux poignets et de sa mère dans une voiture de police, alterne les prises de vue sur le plateau et celles prises en coulisses, on est littéralement plongé en plein cœur de cet incroyable drame. Ici, on n’apprend pas grand-chose de plus par rapport à ce qu’on connait déjà du régime politique en place de la République des Mollahs, mais néanmoins le réalisateur Massoud Bakhshi pour son second long métrage (après ‘une famille respectable’, sorti en Europe en 2012, film pour lequel il a été menacé de mort lui et son producteur alors qu’il n’est jamais sorti en Iran) parvient à nous maintenir en haleine jusqu’au bout. Certains penseront bien sûr que le film est conçu de telle sorte que l’innocence de Maryam est quasiment acquise depuis le début, mais en fait, un certain nombre de rebondissements ménagent le suspense.

En ce jour de Yalda, dans un show télévisé tel que celui-ci, alors que la directrice de la chaîne plaide pour de la légèreté et de la joie, parallèlement Ayat (Babak Karimi) le producteur, de son côté veut laisser sa chance à la condamnée en la laissant s’exprimer sans aucune coupure, ni aucune censure malgré les recommandations de la chaîne… Pour le show ou la quête de la vérité ?

‘Yalda’ n’est peut-être pas révolutionnaire en termes de découverte des droits citoyens en Iran, mais offre néanmoins une œuvre dramatique de première qualité, dans laquelle les deux actrices protagonistes dans les rôles principaux sont excellentes, chacune dans leur genre.

'Yalda,la nuit du pardon' a été récompensé par le Grand Prix du Jury du Festival de Sundance 2020

Ma note :  17/20