Acteurs

Kate Winslet

James Belushi

Juno Temple

Justin Timberlake

Jack Gore

Synopsis

Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l'effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

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Mon commentaire

1950, station balnéaire de Coney Island, quartier de New York. Dans cette atmosphère de vacances et de fête foraine permanente, Ginny (Kate Winslet) survit tant bien que mal. Elle est serveuse dans un restaurant et partage depuis 5 ans avec son fils Ritchie (Jack Gore) la vie de Humpty (James Belushi), opérateur de manège à ses heures perdues, surtout passionné de pêche avec ses copains et plutôt porté sur la boisson… Entre la fragile et nerveuse Ginny et le benêt Humpty, il n’y a guère que de la routine et vraiment plus d’amour, tant leurs goûts et leurs aspirations diffèrent.

Un jour, cet équilibre plutôt précaire est mis à mal par l’arrivée impromptue de Carolina (Juno Temple, assez convaincante), la fille de Humpty avec laquelle il avait rompu toute relation, suite à son mariage avec un malfrat qui cherche à la tuer ! Le décor du drame est donc planté, mais il faut aussi préciser que sur la plage veille un séduisant maître-nageur-sauveteur, Mickey (Justin Timberlake) poète et dramaturge à ses heures perdues qui est tombé amoureux de Ginny, dont le charme et le passé d’actrice l’ont totalement séduit. Mais Carolina forcément s’incruste à Coney Island par peur d’être retrouvée malgré la réticence de son père et celle de Ginny…

Ce qui frappe d’emblée dans le cru du Woody Allen de cette année, c’est l’atmosphère qui règne dans ce film. A la fois très colorée du fait des teintes très chaudes de l’été en bord de mer et celles artificielles des néons manèges, des attractions et de la grande roue qui bordent la promenade, mais également très théâtrale dans la façon dont les personnages centraux sont filmés et dans l’intrigue. Certaines critiques font état d’un parallèle avec des pièces de Tchekhov par le côté dramatique de l’histoire et par la mise en scène: c’est effectivement ce que ce film m’a également fait ressentir. A noter particulièrement le travail de très grande qualité qui a été réalisé sur les éclairages, que ce soit dans les scènes en intérieur ou à l’extérieur.

L’interprétation est par ailleurs de première qualité, notamment avec Kate Winslet, incarnant Ginny, cette femme refusant de vieillir, qui a souffert, mais qui reste séduisante et est désormais animée par une jalousie monstrueuse. Difficile pour elle d’assumer ses passions, ses pulsions et de pourvoir à l’éducation d’un fils aux tendances pyromanes, dont on imagine qu’il pourrait représenter le symbole même du malheur d’un enfant que la séparation de ses parents a déchiré et déséquilibré… Pour ce rôle Kate Winslet mériterait probablement une nouvelle nomination aux Oscars! A ses côtés, Humpty (James Belushi) fait un peu pitié dans la peau de ce brave type un peu limité qui joue au protecteur… La révélation du film est sans aucun doute Justin Timberlake assez crédible en séducteur et chevalier servant en pleine découverte de la gente féminine, tiraillé dans ses rapports au quotidien par des associations avec les personnages de ses lectures dramatiques ou romantiques.

« Wonder Wheel » pour moi se révèle être un bon cru dans la filmographie de Woody Allen, car il y  réalise des analyses introspectives bien plus subtiles qu’il n’y paraît. Ce n’est peut être pas tout à fait anodin, surtout quand on entend le discours tenu actuellement par sa fille qui l’accuse de violences…

Ma note : 16/20