Acteurs 

Zhao Xiaoli

Gan Guidan

Yan Xihu

Yan Huanghe

Deng Xiaorong

Synopsis

Zhao Li dirige une troupe d’opéra traditionnel Sichuan qui vit et joue ensemble dans la banlieue de Chengdu. Quand elle reçoit un avis de démolition pour son théâtre, Zhao Li le cache aux autres membres de la compagnie et décide de se battre pour trouver un nouveau lieu, où ils pourront tous continuer de vivre et chanter. S’engage alors une lutte pour la survie de leur art.

Mon commentaire

L’intérêt essentiel du film de Johnny Ma est de donner un très bel aperçu esthétique et culturel de ce qu’est l’Opéra de Sichuan, considéré un peu comme le petit frère du célèbre Opéra de Pékin. La différence avec ce dernier ne saute d’ailleurs pas aux yeux des profanes occidentaux. On y trouve en revanche une plus grande part attribuée aux chants, et l’on dit souvent que les thèmes traités lors de ces opéras sont plus populaires. Tout cela est le reflet des traditions qui se perdent bien entendu, mais pour lesquelles Zhao Li (Zhao Xiaoli) se bat : la troupe qu’elle dirige voit fondre son audience au quotidien dans la banlieue de Chengdu, capitale du Sichuan, alors que les travaux de construction d’immeubles modernes font rage et obligent les anciens à partir. Le théâtre de la troupe devant également faire l’objet d’une démolition, il va falloir trouver un autre point de chute : une lutte pour la survie de ces traditions populaires va devoir s’engager.

« Vivre et chanter » donne au cinéma chinois l’occasion de montrer que loin des réalisations récentes souvent filmées dans des lieux sombres et révélant des paysages dénués de toute âme, il est possible de filmer des scènes très belles esthétiquement. L’Opéra du Sichuan, par le truchement de ses personnages, portant de superbes costumes chatoyants et arborant des maquillages nécessitant beaucoup de doigté et de temps, est l’occasion de découvrir de vrais talents artistiques et des images très lumineuses. On appréciera notamment les célèbres jeux de masques qui se substituent les uns aux autres en un temps record, ainsi que les ballets perpétrés sur ces scènes souvent délabrées.

En revanche, la mise en opposition entre les époques révolues où les traditions culturelles demeuraient et la période du modernisme représentée par cette pelleteuse destructrice omniprésente semble un peu facile. Même si on observe somme toute une volonté du metteur en scène Johnny Ma d’esthétiser ces scènes de destruction. Remarqué au festival de Cannes, le film n’a malheureusement ni la verve, ni la poésie d’une réalisation de Jia Zhangke ou des plus anciens mais magnifiques films de Zhang Yimou.

Ma note :  12/20
photo les Inrocks