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Acteurs 

Judith Chemla

Timothée Robart

Djolof Mbengue

Saadia Bentaieb

Jacques Nolot

Antoine Chappey

Synopsis

Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnaît. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?

Mon commentaire

Stéphane Batut est un homme caméléon qui se glisse avec habileté dans tous les métiers en rapport avec le cinéma : directeur de casting à de maintes reprises, scénariste, acteur, il est également le réalisateur de quelques films atypiques, comme « Vif- Argent », sa troisième réalisation. Il y raconte l’histoire de Juste (Timothée Robart), un jeune homme qui erre souvent seul dans Paris, à la rencontre de personnes qu’il est seul à voir. Il leur sert de dernier confident avant leur passage dans l’au-delà. Un jour cependant, il est repéré par Agathe (Judith Chemla), qui pense avoir retrouvé en lui un amant d’autrefois qui avait disparu subitement. Est-il réellement celui qu’elle pense et comment ces deux êtres jeunes vont - ils pouvoir communiquer et se retrouver vraiment ? Il est vrai qu’Agathe est vivante, alors que Juste s’apparente davantage à un fantôme…

Ce film est avant tout un conte dans lequel il faut se glisser pour apprécier le regard porté sur la ville, sur des quartiers de Paris rarement vus mais magnifiquement filmés, l’amour et la mort... Mais tout cela avec une grande et belle douceur et une poésie infinie. Une fois ce monde parallèle pénétré (ce qui peut prendre quelque temps néanmoins), on tombe littéralement sous le charme des deux acteurs principaux (Timothée Robard se révèle particulièrement touchant pour ce premier rôle, Judith Chemla confirme le talent qu’on lui avait noté). Les prestations du duo sont particulièrement mises en valeur par une lumière savamment dosée qui crée une ambiance onirique qui participe à la beauté et au charme du film. L’une des scènes de fin est si émouvante au point qu’elle fait irrémédiablement penser à « Ghost », de Jerry Zucker (1990).

Sans être une réussite totale dans sa construction, « Vif-Argent » a le mérite de présenter un film simple d’apparence, sans effet spéciaux rocambolesques, mais a priori inédit, bénéficiant d’une musique présente mais légère et agréable qui permet au spectateur de mieux en ressentir l’émotion, avec la sensation de se laisser porter par ce récit.

 

« Vif-Argent » s’est vu décerner le Prix Jean Vigo 2019

Ma note : 14/20