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Acteurs 

Joy Rieger

Evgenia Dodina

Michael Aloni

Manuel Elkaslassi Vardi

Synopsis

À Kiryat Yam, petite station balnéaire au nord d’Israël, tout semble s’être arrêté. Lana, 16 ans, s’est jurée de lutter contre l’immobilisme et la résignation. Elle est loin d’imaginer que la rumeur d’une sirène va réveiller sa ville de sa torpeur et lui permettre enfin de vivre.

Mon commentaire

Pour son premier long métrage, la réalisatrice Keren Ben Rafael nous emmène à Kiryat Yam, petite station balnéaire bétonnée sans charme située au nord d’Israël. C’est là que vit la jeune Lana (Joy Rieger), 16 ans, au caractère bien trempé qui s’y ennuie à mourir et ne rêve que de vivre à Tel Aviv. Sa mère Irena (Evgenia Dodina), émigrée russe, gère bon gré mal gré en buvant force vodka un café-restaurant sur la plage mais les clients sont rares. En effet, la promenade de bord de mer longeant la plage n’a pas pu être prolongée jusque-là en raison d’un budget de la mairie insuffisant.

Un jour, sur la plage Lana fait la connaissance de Chipi (Michael Aloni), un chroniqueur occasionnel du journal Haaretz qui vient de se faire piquer par une méduse. Une certaine complicité débute alors, incitant Lana à affabuler sur l’existence d’une sirène dans la baie. Dès sa publication, l’article de Chipi suscite un intérêt grandissant dans la région qui va réveiller la ville et les touristes attirés par cette sirène.

Ce film plein d’originalité et rempli de poésie nous fait découvrir la vie dans une région moins connue du pays et aussi bien moins photogénique. Il a aussi l’avantage de sortir du conflit israélo-palestinien pour une fois ! Cette chronique sociale parlant d'une famille simple est peut-être assez peu flatteuse mais assez révélatrice d’un pays dont l’économie fonctionne à plusieurs vitesses, sans compter que le film pose également le problème des pots de vin et des petits arrangements lorsqu’il y a de l’argent à la clé ! Quant au talent d’inventeur de Lana et au succès de la légende, il est très révélateur du comportement particulièrement moutonnier d’un monde à la recherche d’expériences sensationnelles mais aussi particulièrement intéressé par l’argent. Dans ces conditions, on comprend un peu mieux le côté rebelle de Lana et son mal-être d’adolescente, d’autant que ses rapports avec sa mère sont tendus et exacerbés par la présence de sa petite cousine orpheline Tamar (Manuel Elkaslassi Vardi) dont la naïveté agit comme un poids supplémentaire dans la relation. Petit à petit à mesure que les conséquences du mensonge prennent de l’ampleur, Lana réalise qu’elle est parvenue à avoir une emprise sur cette société de province qu’elle rejette par principe.

Ce film très féminin tourne autour des doutes de l’adolescence, des désillusions de la vie d’adulte et des sirènes, êtres surnaturels par excellence. Il oscille agréablement entre réalisme et onirisme et c’est avec un certain plaisir qu’on se laisse porter par cette histoire originale, traitée avec ironie et humour caustique, d’autant que Joy Rieger dans le rôle phare est une jeune comédienne prometteuse (elle a été récompensée par le Prix de la Meilleure actrice lors du dernier festival du film Tribeca).

Ma note : 13/20