Acteurs 

August Diehl

Valérie Pachner

Maria Simon

Tobias Moretti

Bruno Gans

Matthias Schoenarts

Karin Neuhaüser

Synopsis

Inspiré de faits réels.
Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l'histoire de ces héros méconnus.

Mon commentaire

On reconnaît le style de Terrence Malick à sa surprenante mais très reconnaissable façon de filmer les espaces, avec l’usage très fréquent du grand angle, qui certes déforme les lignes de fuite de ses gros plans mais confère à ses images magnifiques un réalisme incroyable. Depuis lors, le réalisateur américain occupe depuis plusieurs décennies dans le cinéma - bien que de façon peu prolixe- une place bien particulière, lorsqu’il manie avec une dextérité incroyable sa caméra pour nous donner des images dont la beauté fait penser à de véritables toiles de maître.

Avec son nouveau film « Une vie cachée », il a mis son talent à l’adaptation d’une histoire inspirée de faits réels, racontant la vie de Franz Jägerstätter (August Diehl), paysan autrichien, qui à l’aube de la montée du nazisme et du diktat d’Hitler, refuse d’intégrer l’armée du Reich, dans la mesure où à cette occasion il serait contraint de faire allégeance au régime qu’il honnit.

Son refus de se plier au diktat nazi n’est bien sûr pas sans conséquences, pour son épouse Fani (Valérie Pachner) avec laquelle il partage les travaux des champs, mais aussi pour sa mère et ses trois petites filles. Le film nous raconte la dégradation des conditions de vie de ce couple de paysans honnêtes et travailleurs dans ce petit village perché, jusqu’au jour de 1943 où Franz est convoqué par l’armée pour être enrôlé…C’est alors au suivi du chemin de croix de Franz, martyr du nazisme, auquel nous assistons, qui est porté d’abord par l’amour indéfectible de sa femme et le recours à la foi, deux raisons suffisantes pour lui pour rester libre.

Contrairement à son précédent opus, « the tree of life » (Palme d’Or en 2011) qui semblait partir vers de plus en plus d’abstraction, « la vie cachée » est une véritable fresque historique bien concrète (elle est brillamment parsemée d’authentiques images d’époque) qui s’étire pendant presque 3 heures, sans pour autant qu’on ne s’ennuie un seul instant. Il est vrai que dès le début du film notre œil est subjugué par la beauté des paysages montagneux autrichiens mais aussi séduit par la simplicité des scènes d’activité agricoles au fil des saisons, avant que ne commence la descente aux enfers, qui en fait n’a rien de comparable avec celle des camps de l’horreur. Petit à petit cependant, on comprend que la machine destructrice du système nazi s’est mise en marche pour mieux broyer ses opposants. C’est aussi en cela que la réalisation de Malick est intéressante, dans la mesure où il oppose les beautés de la nature (en en abusant même un peu) et tout ce monde que Franz est en train de quitter à la triste réalité de son sort.

Alors bien sûr, il faudra du temps à Franz pour réfléchir sur ce qu’il doit faire, temps que l’on partagera avec lui au gré des lettres qu’il réussira à écrire à son épouse et au fil de ses questionnements et prières à un Dieu adoré mais bien peu répondant... On notera que Malick a également fait le choix de faire échanger Frank et Fani en anglais, eux, les membres de la famille et quelques rares amis, ainsi que les « autres » lorsqu’ils leur adressent la parole, alors que les dialogues de fond et les marques d’hostilité sont exprimés en allemand. C’est un peu comme si le couple et son proche environnement n’appartenait déjà plus au monde qui l’entoure. La musique, signée James Newton Howard est également absolument fabuleuse (avec de nombreux extraits d’œuvres de Händel, Dvorak et Gorecki) et contribue à donner un côté romanesque incroyable à cette épopée qui forcément ne laissera que peu de regards secs en fin de séance. Un des plus beaux films de l’année à mon sens.

Ma note :  18/20