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Résumé

Lorsque Jay Mendelsohn, âgé de 81 ans, décide de suivre le séminaire que son fils Daniel consacre à l’Odyssée d’Homère, père et fils commencent un périple intellectuel et émotionnel de grande ampleur. Croisant les thèmes de l’enfance et de la mort, de l’amour et du voyage, de la filiation et de la transmission, ce livre est le récit poignant de la redécouverte mutuelle d’un fils et d’un père.

Mon Commentaire

Avec ce dernier livre en date, « Une odyssée : un père, un fils, une épopée », Daniel Mendelsohn  clôture un tryptique débuté en 2007 avec « les Disparus », suivi en 2009 de « L’étreinte fugitive ». Cette fois, il nous emmène sur les traces d’Homère, célèbre auteur de l’Iliade et surtout de l’Odyssée qui constituent pour tout amateur d’histoire de la mythologie de la Grèce Antique deux ouvrages incontournables. En fait, Daniel Mendelsohn est professeur d’université et sa spécialité est justement l’enseignement de la culture autour d’Homère : à sa grande surprise et à celles des étudiants inscrits à son cours ultra spécialisé, son propre père Jay, âge de 81 ans, décide d’assister au séminaire de son fils. Au fil des cours et des semaines, c’est non seulement l’histoire d’Ulysse et celle de son fils Télémaque qui se déroulent sous nos yeux, mais également le récit d’un parcours étonnamment riche en émotions et intense en révélations des relations entre un père Jay, beaucoup plus mystérieux que l’on soupçonnait et son fils Daniel. C’est à un double voyage que l’auteur nous convie: le retour d’Ulysse à Ithaque au fil des « chants » déroulés dans l’Odyssée, mais aussi à celui que Jay et Daniel vont accomplir réellement en Méditerranée en fin de session universitaire, sur les traces de leur héros.

La réussite du livre réside réellement dans la façon dont l’auteur parvient à entrecroiser les deux histoires au fil des pages, d’une part celle de trois générations, celles d’Ulysse, de Laërte son père et de Télémaque son fils, avec celle de sa propre famille, celle des Mendelsohn dont il ne connaît qu’une infime partie de la véritable histoire. Daniel Mendelsohn procède à des déploiements de réflexions fines et profondes, qui s'auto alimentent au gré d'une prose longue et savoureuse. Une fois entré dans le récit – ce qui ne se fait pas forcément facilement tant on aborde un moment d’histoire extrêmement spécifique et ouvertement orienté vers les amateurs spécialistes du genre - on se laisse porter par la beauté et l’aisance du style, mais aussi par la pudeur des sentiments immenses et réciproques que se portent en réalité ce père octogénaire et son fils qui comprend enfin pourquoi jusqu’à ce moment ultime leurs relations n’avaient jamais été aussi fortes.

 

« Une Odyssée… »  a é té récompensé du Prix transfuge 2017 du meilleur livre américain et du Prix Méditerranée étranger 2018.

Ma note : 16/20

Photo France Inter