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Acteurs

Franz Rogowski

Paula Beer

Godehard Giese

Lilien Batman

Barbara Auer

Synopsis

De nos jours, à Marseille, des réfugiés fuyant les forces d’occupation fascistes rêvent d’embarquer pour l’Amérique. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité de l’écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite de son visa pour tenter de rejoindre le Mexique. Tout change lorsque Georg tombe amoureux de la mystérieuse Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime, et sans lequel elle ne partira pas… 

Mon commentaire

Christian Petzold est l'un des chefs de file de la "nouvelle vague" du cinéma allemand (et notamment de ce qu'on a appelé « l’école de Berlin »). Après les très bons « Barbara » en 2012 et « Phoenix » en 2014, il nous revient avec ce film « Transit », libre adaptation du roman éponyme de l’écrivaine Anna Seghers publié pour la première fois en 1944. Femme de lettres allemande juive et communiste, Anna Seghers est arrêtée puis relâchée par la Gestapo. Sous le régime nazi, ses livres sont interdits et brûlés.

Christian Petzold réalise ici un film de fiction, mais très largement inspiré par des faits réels ou ayant clairement existé. Même si l’action se situe de nos jours, comment lors des descentes de police, toute sirène hurlante, ne pas penser en effet à une certaine adaptation des rafles vues lors de la dernière guerre mondiale ? L’ennemi n’est certes plus le même : le régime fasciste qui prend le pouvoir et occupe progressivement de façon dramatique tout le territoire français s’évertue à traquer tous les opposants au régime, quels qu’il soient… Georg (Franz Rogowski) est l’un d’entre eux : allemand, il va fuir Paris à la hâte pour se réfugier à Marseille qui reste encore pour le moment non-occupée, d’où il est prévu qu’il prenne un bateau pour les États Unis, via un transit mexicain...

Mais dans sa fuite parisienne, Georg est confronté au suicide d’un écrivain célèbre, Weidel, qui a choisi ainsi d’échapper à ses bourreaux. Il va dérober les derniers écrits de celui-ci et décider d’usurper son identité. Arrivé à Marseille, Georg va bientôt faire la connaissance de la mystérieuse Marie (Paula Beer), qui n’a de cesse de retrouver son mari afin qu’ils partent ensemble vers les États-Unis….

Si le scénario est plutôt intéressant dans sa globalité, on se trouve un peu perplexe devant le mélange des époques dans cette histoire : les cafés semblent bien dater des années 40, mais les scènes extérieures en revanche sont bien contemporaines. Cherchez l’erreur ? Le décalage est tel qu’on a réellement du mal à adhérer à cette fiction cauchemardesque, d’autant que se mélangent une narration en français (on est à Marseille, quand même !), des dialogues soit en français soit en allemand, y compris au sein du Consulat des États Unis… Difficile de comprendre qui est réellement Georg, ce personnage troublant, son passé, ses motivations. Pourquoi et comment les réfugiés sont-ils tous arrivés dans un même quartier, dans le même hôtel ? Une chose est certaine en revanche, on a bien compris que la collaboration avec l’ennemi et l’appât du gain n’ont pas pris une ride depuis la dernière guerre mondiale…

De même, pourquoi Georg va-t-il se sentir obligé de tenir un rôle essentiel vis-à-vis de la veuve et du jeune fils d’un ami décédé durant le voyage qui les a transportés vers le sud ?

Pour finir, Il y a beaucoup trop d’invraisemblances et beaucoup trop de personnages secondaires dont le destin reste inexpliqué dans ce film qui laisse un vrai goût de déception. Difficile dans ces conditions de rentrer dans l’histoire, d’autant que l’interprétation de Franz Rogowski (Georg) n’est pas franchement convaincante, allant même jusqu’à distiller un certain malaise.

Ma note : 07/20