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Acteurs 

Judith Davis

Malik Zidi

Claire Dumas

Mélanie Bestel

Nadir Legrand

Simon Bakhouche

Mireille Perrier

Synopsis

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise. 
Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses. 
Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire ? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…

 

Mon commentaire

 

Angèle (Judith Davis) vient d’être licenciée sans ménagement de la société d’urbanisme pour laquelle elle travaillait sur le Grand Paris, alors que son employeur était son professeur favori, qui militait contre le système…Écœurée et sans moyens, elle retourne vivre chez son père, Simon (Simon Bakhouche) qui l’accueille avec plaisir dans son petit appartement de modeste HML. Mais la déprime la gagne : comment a -t-elle pu en arriver là, elle, la fille de militants antisystème ? Il est vrai que ses parents sont désormais séparés, les réminiscences de maoïsme s’étant bien estompées chez son père, et sa mère ayant tout plaqué du jour au lendemain, pour s’installer au fin fond de la campagne ardéchoise. Angèle ne sent pas plus d’affinités du côté de sa sœur Noutka (Mélanie Bestel), qui s’est jetée dans le monde de l’entreprise et du capitalisme avec son mari Stéphane (Nadir Legrand) dont le stress est patent. Il ne reste guère à Angèle que son amitié avec Léonore (Claire Dumas), une sculptrice en plein doute, pour essayer de changer enfin le monde lors de réunions de quartier, en se repositionnant sur les vraies valeurs et les acquis de la révolution de mai 68, quitte à échapper à son destin amoureux…

Si le thème du premier film de Judith Davis parait plutôt sombre, c’est néanmoins bien à une bonne comédie que le spectateur est convié. Car tout y est traité en mode délibérément joyeux et plutôt optimiste. On sourit et rit assez souvent devant des scènes totalement décalées voire barrées ! Il faut reconnaître un talent réel à Judith Davis, à la fois scénariste, réalisatrice et actrice principale - qui se livre à un portrait sans fard de la situation politique et économique actuelle et l’oppose aux principes de base des principes des droits fondamentaux pour lesquels les manifestants de mai 68 se sont battus. Nourrie par ceux-ci depuis son plus jeune âge, Angèle vit en décalage permanent dans la société d’aujourd’hui qu’elle ne peut se résoudre à accepter. Mais lui a-t-on vraiment raconté la réalité des choses, et peut-elle trouver le bonheur et l’équilibre dans l’utopie et l’isolement ?

Si le film montre la frustration d’Angèle et ses aigreurs, il apporte néanmoins des ondes très positives et de la tendresse en insistant sur l’absolue nécessité d’être entouré, mais aussi de ne pas rester hermétique face aux idées reçues qui nécessitent parfois d’être challengées. Un premier film très prometteur.

Ma note : 14/20