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Acteurs 

Nicholas Hoult

Lily Collins

Colm Meaney

Derek Jacobi

Anthony Boyle

Patrick Gibson

Synopsis

« Tolkien » revient sur la jeunesse et les années d’apprentissage du célèbre auteur. Orphelin, il trouve l’amitié, l’amour et l’inspiration au sein d’un groupe de camarades de son école. Mais la Première Guerre Mondiale éclate et menace de détruire cette « communauté ». Ce sont toutes ces expériences qui vont inspirer Tolkien dans l’écriture de ses romans de la Terre du Milieu.

Mon commentaire

« Tolkien », de Dome Karuskoski, ou comment transposer en images le personnage de J.R.R Tolkien dont tous les adeptes de « Bilbo le Hobbit » ou de la trilogie du « Seigneur des Anneaux » connaissent le talent à travers l’univers magique qu’il a créé, peuplé de créatures mythologiques et de paysages d’une beauté et d’une originalité à couper le souffle. De tels mondes et une telle fécondité imaginative ont dû susciter de nombreux intérêts en vue de réaliser un biopic sur ce fabuleux écrivain, qui auraient pu insister sur l’inventivité de celui-ci et nous livrer un film bourré d’effets spéciaux.

Or, il n’en est rien, car le réalisateur a voulu s’attacher d’abord à relater les origines très simples de John Ronald Reuen Tolkien, né en Afrique du sud à la fin du XIXème et devenu prématurément orphelin, puis placé avant l’adolescence par l’entremise du Père Francis (Colm Meaney), un ami de la famille, au sein d’une famille anglaise bourgeoise de Birmingham avec son frère cadet. Il va néanmoins trouver dans ce nouvel environnement l’amitié avec trois de ses congénères collégiens - qui sera la base d’une alliance, « communauté » intime scellée entre eux pour la vie -, mais aussi découvrir l’amour auprès d’Édith (Lily Collins), autre petite orpheline recueillie par la famille et bien sûr l’inspiration, sans compter sa passion impressionnante pour la philologie.

Le film débute par une période particulièrement difficile de la vie de l’écrivain, celle de la période où il a été appelé pour combattre aux côtés des Français en Somme durant la Première Guerre Mondiale, où l’horreur des jours passés aura le double effet de menacer la solidité de l’Alliance établie avec ses amis de toujours et de porter à son paroxysme une imagination déjà bien fertile. Ainsi en remontant le temps, on découvrira que son goût pour l’aventure, les voyages et son besoin de pouvoir communiquer avec toutes sortes de nationalités par l’apprentissage des langues, y compris les dialectes les plus obscurs. Mais c’est à peu près en termes d’originalité tout ce que recèle la vie bien rangée de Ronald Tolkien, car paradoxalement, ce film, par la sagesse qu’il dégage pendant sa majeure partie fait plus penser à un gentil film sur l’éducation dans les universités anglaises du début du XXème siècle, où règne une atmosphère un peu similaire à celle du « Cercle des poètes disparus » de Peter Weir (1990), ou encore à celle de « Another country » de Marek Kanievska (1984). On y retrouve notamment le même thème, celui de l’étudiant extrêmement brillant issu d’un milieu très modeste qui par son intelligence, son travail acharné et son ouverture d’esprit dame le pion à bon nombre de ses congénères issus de la High Society dont le talent est bien moindre. On y aborde de la même façon avec beaucoup de discrétion tout ce qui concerne l’homosexualité au sein de ces classes, au sein desquelles la frontière avec l’amitié profonde est ténue. Ce film romanesque à l’ancienne est par moment très - trop ! - lisse, d’autant que l’interprétation tout en subtilité mais sans éclat de Nicholas Hoult dans le rôle principal a pour conséquence un certain ronronnement, qui parait un peu décalé par rapport aux talents multiples du personnage.

Quand on parle de biopic, on pense bien entendu au suivi d’une vie entière : ici, l’essentiel de l’action se déroule durant les années d’étude et mais aussi pendant la Guerre, qui sera sans doute une grande inspiratrice des évènements apocalyptiques souvent rencontrés ultérieurement dans les œuvres de Tolkien ; en revanche la suite de sa vie parait un peu escamotée… En résumé, un film certes à découvrir qui donne juste une petite idée du génie de l’écrivain, poète et philologue mais préserve une certaine part de mystère du mythe, et c’est tant mieux.

Ma note : 14/20