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Résumé

« Parfois, mieux vaut avoir de la chance que d'être bon. »

Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n'a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal. À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n'hésite pas à s'enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.A mi-chemin entre le polar mafieux et l'enquête journalistique, Tokyo Vice est aussi le roman initiatique d'un jeune journaliste américain à Tokyo qui nous livre, avec beaucoup d'humour, un témoignage nerveux sur l'envers de la société nippone.Jake Adelstein est le premier étranger à avoir intégré la rédaction du Yomiuri Shinbun. Pendant plus de dix ans, il couvre le trafic d'êtres humains et le crime organisé. À la suite de son enquête sur les yakuzas, sa famille est placée sous protection du FBI pendant plusieurs années.

Il a par ailleurs travaillé pour The Daily Beast, The Japan Times et Vice News. 

Mon commentaire

Du Japon, on connaît forcément quelques éléments et faits historiques, la cuisine originale, la langue et les traditions ancestrales. Avec « Tokyo Vice », on découvre beaucoup d’autres aspects de la culture japonaise : notamment celle de la mafia des Yakuzas, toute puissante au ‘Pays du Soleil Levant’, comprenant en 2013 officiellement 58600 membres, regroupés autour de structures parfaitement organisées et ayant pour la plupart pignon sur rue, à travers des sociétés écran.

Et c’est grâce à l’Américain Jake Adelstein, un parfait « gaijin », donc un étranger, juif de surcroît, qui à l’âge de 24 ans décide d’intégrer le service de Police Justice du second plus grand journal national japonais le Yomiuri Shinbun, qu’on va faire la découverte de toutes ces organisations.

A mi-chemin entre le polar noir, l’enquête journalistique et l’autobiographie, Edelstein avec cet ouvrage parvient à nous captiver de bout en bout en nous faisant découvrir d’abord l’envers du décor au sein de la presse locale, au gré des différents postes qu’il occupera dans le journal, puis en nous introduisant dans les arcanes d’organisations mafieuses. Pour bien effectuer son job de journaliste - et obtenir des scoops !-, il doit à la fois dénicher des informateurs sur le terrain souvent miné des tripots où règnent vice et prostitution, mais aussi se faire des alliés au sein de la police, sans pour autant court-circuiter les enquêtes. Jake Adelstein est ainsi le tout premier étranger qui parvient à adopter les us et coutumes locales, au point de s’identifier à un Japonais d’adoption, ce qui lui vaudra également le respect de ses pairs et de ses supérieurs à de multiples reprises compte tenu de sa parfaite intégration dans la société.

Dans cette société apparemment très avant-gardiste en surface, Adelstein nous fait découvrir avec effroi tout le commerce autour du sexe omniprésent et de la prostitution à une échelle quasi industrielle, n’hésitant pas à se mettre personnellement en scène lors de ses enquêtes pour étayer ses constatations.

Adelstein n’est pas pour autant un ange, ni un personnage forcément sympathique de bout en bout, tant qu’à côtoyer des Yakuzas de près ou de loin il finit en raison d’une obstination démesurée souvent égocentrique par user de techniques qui n’ont pas grand chose à leur envier... Il est clair que son but de dénoncer la mainmise des mafieux japonais sur une grande partie de l’économie locale et sa prolifération tentaculaire à l’échelon international lui tient tellement à cœur qu’il prendra des risques extrêmes et en fera prendre à tout son entourage proche, dont les répercussions pourront dépasser toute prévision.

On est tout de même rassuré de savoir qu’au terme de son travail de longue haleine, il est néanmoins parvenu à provoquer le démantèlement de réseaux de trafics en tout genre et de prostitution et à la chute de leaders du crime. D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de les comparer aux caïds de la Mafia évoqués dans le livre « Gomorra » publié il y a quelques années par l’écrivain italien Roberto Saviano.

Un livre choc, au style journalistique efficace qui passionne de bout en bout.

Ma note : 16/20