Acteurs 

Robert Pattinson

Willem Dafoe

Valeriia Karaman

Synopsis

 

L'histoire hypnotique et hallucinatoire de deux gardiens de phare sur une île mystérieuse et reculée de Nouvelle-Angleterre dans les années 1890.

Interdit aux moins de 12 ans

Mon commentaire

Quelque part au large d’un continent, deux hommes débarquant d’un bateau toutes sirènes hurlantes s’apprêtent à prendre un tour de garde dans un phare, situé en pleine mer sur un gros caillou rocheux. Il y a d’abord Thomas (Tom) Wake (Willem Dafoe), un gardien de phare rôdé aux gros temps qui a l’allure d’un vieux loup de mer pas très clean, enchaînant phrases en patois et lâchant des flatulences en permanence. Avec lui, il y a Ephraim Winslow (Robert Pattinson) un homme jeune plutôt soigné et réservé style marin d’eau douce qui visiblement débute dans la profession, mais dont les motivations semblent bien incertaines.

Entre eux, le courant a du mal à passer d’autant que Tom décide de tout, à commencer par la répartition des tâches : au novice tous les travaux diurnes d’entretien du phare, de l’habitat et la charge à plein en permanence de la chaudière à charbon, à lui le monde de la nuit et l’entretien de la lanterne, à laquelle il semble adopter une certaine vénération et dont il interdit l’accès. Le climat ne pas tarder à se dégrader, Ephraim éprouvant de plus en plus de mal à garder son calme vis à vis du diktat du vieil homme...

Ce film tourné en 35 mm (parait-il avec du matériel datant de 1940) est d’emblée étrange : tourné en noir et blanc, avec une atmosphère grise et brumeuse donnant parfois une impression du flou, il communique une impression mystérieuse un peu à la manière des films d’angoisse ou d’horreur du début du cinéma parlant, avec des clins d’œil à Murnau. L’atmosphère angoissante qui se dégage provient d’ailleurs du soin particulier apporté a des éclairages extrêmement soignés. À mesure que les jours se suivent, ce sont les éléments extérieurs, les mouettes ou les événements climatiques qui contribuent à noircir un tableau autour de ces deux personnages qui semblent perdre la boule. Est-ce qu’il s’agit d’un cauchemar dû à l’abus d’alcool frelaté ? C’est ce qu’on se demande à mesure que défilent sous nos yeux des saynètes d’horreur ou surréalistes, ponctuées de scènes de masturbation, de cris et de violence.

Le réalisateur Robert Eggers, trois ans après « The Witch » poursuit son étude à vif sur les tréfonds de l’âme humaine et sur le comportemental humain sous stress intense, comme cela est le cas pour ces deux hommes isolés du monde des vivants. Eggers joue avec nos nerfs en nous plongeant dans un univers anxiogène où se mélangent légendes de la mer, mythologie grecque et fantômes. Dans ce quasi-huis clos, on peut souligner la qualité de l’interprétation de Willem Dafoe et de Robert Pattinson, dans des rôles où l’on a même du mal à les reconnaître. Intéressant mais réservé à un certain public.

Ma note :  14/20