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Acteurs 

Val Kilmer

Meg Ryan

Kyle MacLachlan

Franck Whaley

Kevin Dillon

Michael Wincott

Synopsis

1965. Jim Morrison, qui écrit des poèmes et suit les cours à UCLA, s'éprend de Pamela Courson. Il lui lit ses écrits influencés par le mysticisme des Indiens, qu'il a découvert durant son enfance au Nouveau-Mexique. La sensibilité des poèmes de Morrison impressionne Ray Manzarek et, bientôt, un groupe musical se forme…

Mon commentaire

C’est à l’occasion du dernier Festival de Cannes qu’a été ressorti le film « The Doors », réalisé par Oliver Stone en 1991, largement inspiré par la biographie de Jim Morrison, l’égérie du mythique groupe de pop rock qui s’est constitué dans la seconde moitié des années 60. Oliver Stone est sans conteste possible un passionné de la musique du groupe et celle-ci est habilement distillée tout au long du film, que ce soit lors de la retranscription de concerts donnés par le Groupe dans différentes villes américaines ou parfois même en fond musical. La bande son est particulièrement riche et on y retrouvera l’essentiel des grands titres qui ont fait le succès du groupe. On appréciera bien sûr le « Riders on the Storm » qu’on entend au début du film lorsque Jim dans la voiture de ses parents passe devant le corps d’un indien mortellement blessé dans un tragique accident de la route et que le ciel qui se noircit commence à gronder ! C’est à ce moment-là même que naissent le mysticisme de Jim Morrison vis-à-vis des Indiens Navajos et toutes les visions qu’il aura au cours de son existence dès lors qu’il sera sous emprise…

Mais s’agit-il ou non d’un véritable biopic ? Difficile à dire pour les non puristes, qui sont simplement amateurs du style de musique du groupe et qui apprécient la qualité des textes signés Jim Morrison (Val Kilmer) devant lesquels personne ne peut rester indifférent, comme ce sera le cas pour Pamela Courson (Meg Ryan), fan de la première heure et compagne plus ou moins régulière de Jim durant toute son existence.

Il n’y a clairement rien à reprocher au jeu des comédiens, tous impeccables dans leurs rôles respectifs, ni à la reconstitution d’une époque au cours de laquelle les esprits flirtent entre le malaise permanent des Américains lié à la présence de soldats durant la guerre du Vietnam en cours et la vague du « Peace and Love » qui sombre dans la consommation d’alcool mais aussi de drogues dures, acide ou héroïne, sans oublier une libération sexuelle qui s’opère à toute vitesse.

Jim Morrison, chanteur au physique avantageux séduit largement ce public qui a soif de nouveautés et d’aventures, tant par les chansons qu’il interprète, qui préconisent la désobéissance vis-à-vis des protocoles imposés par les aînés et s’opposent aux forces de l’ordre. Morrison incarne une liberté sexuelle exacerbée qui bien sûr choque l’Amérique puritaine.

Oliver Stone semble pour sa part avoir choisi d’établir le portrait de Jim Morrison selon son profil le plus dur, se focalisant sur l’aspect le plus sombre et autodestructeur du personnage, qui finit par irriter lorsqu’il adopte des comportements excessifs et brutaux. Mais si on prend le temps de se renseigner, en réalité, Jim Morrison -selon les interviews authentiques disponibles- n’a jamais eu l’intention de se prendre au sérieux et était semble-t-il maître en matière d’ironie et d’autodérision, ce qu’ici, Oliver stone a choisi délibérément de taire.

Une fois admis que « The Doors » n’est en réalité qu’une vision personnelle du leader du groupe par le cinéaste, on peut néanmoins admettre que l’effet rendu devant nos yeux est plutôt réussi, Oliver Stone signant un film très esthétique retraçant l’ascension de Jim Morrison et de son groupe jusqu’au faîte de sa gloire et retranscrivant avec talent l’ambiance de l’univers « chamano-poétique » chère au leader du groupe, magistralement interprété par un Val Kilmer époustouflant d’énergie.

Ma note : 17/20