Acteurs

Max Hubacher

Milan Peschel

Frederick Lau

Bernd Hölscher

Synopsis

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

 

1945. Le chaos se répand en Allemagne et les armées du IIIème Reich commencent à se déliter. Des escadrons de soldats ivres multiplient les exécutions sommaires, sans différencier déserteurs et fantassins ayant perdu leur unité. Pour survivre, un jeune déserteur allemand, Willi Herold, va usurper l’identité d’un capitaine, entraînant dans sa fuite avec lui des soldats pour une mystérieuse «mission spéciale».

Mon commentaire

Une histoire assez banale à la base : 15 jours avant la fin de la seconde guerre mondiale et la chute du IIIème Reich, un jeune soldat déserteur, Willi Harold de 19 ans (Max Hubacher) échappe de peu à ses poursuivants. Il est vrai qu’à l’époque, les déserteurs et les pilleurs sont légions, et les rares forces militaires qui restent en place – agissant parfois complètement sous l’emprise de l’alcool - ont pour mission de les exterminer.

Harold, quant à lui, découvre dans sa fuite un uniforme de Capitaine (der Hauptmann en allemand) qu’il va s’empresser d’enfiler, sans toutefois mesurer les conséquences de son geste. Il entre dans la peu d’un officier sans vergogne et d’un culot et d’une cruauté absolue, car entre tuer et être tué, il a forcément choisi. Rencontrant des officiers du même rang, pour obtenir le respect et maintenir la distance, il se fait passer pour un envoyé spécial mandaté par le Führer lui-même chargé d’une « mission spéciale ».

Robert Schwentke, réalisateur américain d’origine allemande (« Flight Plan », « Red »…), a choisi d’adapter à l’écran un livre éponyme tiré de faits réels. Pour le tourner, il a opté pour le noir et blanc, ce qui permet malgré tout au spectateur de conserver un certain recul par rapport à cette histoire incroyable, mais il réussit à nous proposer des images d’une qualité et d’une précision très impressionnantes. Le film est absolument saisissant, puisqu’il permet d’expliquer la montée en puissance d’une dictature en général et du nazisme en particulier : on découvre comment une seule personne qu’on ne connaît pas ou presque mais dont on craint l’autorité peut engendrer pour un peuple un sentiment d’admiration, puis de puissance incroyable, lequel par intérêt, complicité ou par crainte de mesures de rétorsion deviendra acteur des pires atrocités sans se poser la moindre question question.

Ici, Schwentke choisit d’éluder la psychologie des personnages qui se sont transformés naturellement en bourreaux alors qu’ils ont failli être des victimes, leur profil n’a pas d’importance même si certains sont des caricatures du mauvais goût et de la cruauté. Mais dans l’entourage du Capitaine Herold,  rares sont les cas où le suicide est préféré au meurtre d’innocents.

Attention, même si la violence ne fait pas l’objet de plans rapprochés, elle est pourtant omniprésente et il en est ainsi du profond malaise qui en découle. Certaines scènes sont vraiment à la limite du supportable…

Bref, un film terriblement dur qui oblige certes beaucoup à réfléchir mais la projection est à réserver avant tout à un public très averti.

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Ma note : 15/20