Acteurs 

Kais Nashif

Lubna Azabal

Yaniv Biton

Nadim Sawalha

Maisa Abd Elhadi

Salim Daw

Yousef Sweid

Synopsis

Salam, 30 ans, vit à Jérusalem. Il est Palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès "Tel Aviv on Fire !" Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah.  Un jour, Salam se fait arrêter par un officier israélien Assi, fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario. Évidemment, rien ne se passera comme prévu.

Mon commentaire

«Tel Aviv on Fire » prend le parti de traiter du très sérieux problème des Palestiniens en Cisjordanie et de leurs difficultés à se mouvoir au quotidien en Israël. Le réalisateur Sameh Zoabi est parvenu à réaliser un film qui évoque les tensions qui existent et sont souvent exacerbées, mais sur le ton de la comédie satirique, donc avec le parti d’en rire et de se moquer notamment des situations ubuesques que ces contraintes peuvent engendrer.

L’autre intérêt du film est de montrer comment deux populations qui vivent de part et d’autre d’un mur sont amenés à regarder des programmes télévisuels identiques, mais également des goûts alimentaires et culinaires similaires. En l’occurrence, les feuilletons ou ‘soap opera’ semblent recueillir un intérêt unanime parmi tous les spectateurs, qui suivent la diffusion des épisodes avec un intérêt évident, comme si ces histoires plus ou moins bien écrites leur permettaient d’oublier leur quotidien. Le Palestinien Salam (Kais Nashif) n’est en vérité au départ présent dans l’équipe du feuilleton que pour épauler son oncle Bassam (Nadim Sawalha), car il est le seul capable de s’exprimer en hébreu. Et c’est à la suite d’un quiproquo au check-point  qu’l va rencontrer Assi (Yaniv Biton), officier israélien qui petit à petit va forcer la main de Salam pour qu’il modifie le scénario du feuilleton et donner le beau rôle à Yehuda (Yousef Sweid)  héros de l’armée israélienne pour réussir à séduire la jolie Tala (Lubna Azabal) et la détourner de son amoureux Marwan…Ainsi, de simple collaborateur, Salam va être contraint sous peine de représailles d’influencer totalement l’écriture du feuilleton, sachant qu’en donnant satisfaction à Assi, il va se heurter à une incompréhension de la part des investisseurs financiers et du public palestiniens. Confronté à deux courants politiques opposés Salam doit ainsi se confronter aux deux réalités de sa vie et forcément il va devoir composer, y compris avec Assi, qui représente le peuple opprimant. Mais à mesure que Salam prend de l’assurance dans son écriture, il parvient à reprendre la main sur l’évolution de son histoire, prouvant que l’on ne peut infiniment tricher avec la réalité.

On sourit beaucoup et souvent lors de la projection de ce film qui de plus bénéficie d’une très bonne interprétation, Kais Nashif ayant été récompensé par un prix d’interprétation à la dernière Mostra de Venise.

« Tel Aviv on Fire » est sans conteste un film intelligent et subtil, qui trouve finalement son équilibre dans l’élan humaniste et pacifique de ses personnages. Un film original à découvrir sans tarder !

Ma note : 15/20