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Acteurs 

Niels Schneider

Ella Rumpf

Vincent Rottiers

Clément Métayer

Arieh Worthalter

Ella Lasowski

Synopsis

Sarajevo, novembre 92, sept mois après le début du siège.
Le reporter de guerre Paul Marchand nous plonge dans les entrailles d’un conflit fratricide, sous le regard impassible de la communauté internationale. Entre son objectivité journalistique, le sentiment d’impuissance et un certain sens du devoir face à l’horreur, il devra prendre parti.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

Attention, « Sympathie pour le diable » n’a absolument rien à voir avec le morceau éponyme en anglais « Sympathy for the Devil » des Rolling Stones. Et pourtant, le diable est de pratiquement tous les plans du film de Guillaume de Fontenay, qui nous emmène en 1992, quelques mois après le début du siège de Sarajevo, ville martyre prise en tenailles par les troupes serbes. Il y pleut quotidiennement des bombes et des obus, entraînant pléthore de victimes, jeunes ou pas, d’innocents civils comme des militaires. C’est dans ce contexte qu’on fait la rencontre de Philippe Marchand (Niels Schneider), reporter de guerre, de son photographe Vincent (Vincent Rottiers) et de son cameraman Philippe (Clément Métayer). Philippe Marchand n’est pas vraiment charismatique : son objectivité parfois abrupte peut gêner aux entournures les autres journalistes qui se mettent en avant y compris devant les scènes les plus horribles. Lui, il va à l’essentiel, n’hésitant pas non plus à porter secours aux victimes et blessés en les transportant dans sa propre voiture de presse pour les emmener à l’hôpital. Et pourtant, cet homme jeune qui fume cigare sur cigare a du cœur : il le montre entre autres par la tendresse qu’il éprouve vis-à-vis de Boba (Ella Rumpf), traductrice serbe que des connaissances ont mis à sa disposition pour franchir les nombreux barrages situés aux différents points cardinaux de la ville, pour laquelle il prendra des risques.

Guillaume de Fontenay nous livre un film brut, dont certaines scènes s’avèrent à la limite du supportable, mais qui montre également l’incapacité des Casques Bleus à venir à bout du conflit qui s’enlise et qui fait face à un silence assourdissant de la part des dirigeants politiques. Il filme la vie à l’intérieur de ce qu’on peut appeler un ghetto, le marché noir, le manque d’eau, les aberrations militaires en pratique, un dancing où on essaie d’oublier ce qui se passe pendant un moment, mais aussi les tirs nourris des snipers et les bombes.

Je n’avais jamais eu l’occasion ni d’entendre ni de lire les témoignages ni de regarder les reportages qui ont été diffusés à l’initiative de Philippe Marchand, personnage inclassable mais d’un culot incroyable. Le film lorsqu’on a le cœur bien accroché mérite vraiment le détour ; mais on aurait aimé comprendre un peu plus la psychologie de ce reporter ‘tête brûlée’, pour mieux appréhender son comportement. On a par ailleurs du mal à comprendre le sens de cette guerre fratricide qui ressemble surtout à une guerre de religion, pour laquelle plus de 20 ans plus tard, les tenants et aboutissants restent extrêmement flous.

Ma note :  15/20