Résumé

"La poterie est indispensable à ma vie. En pétrissant de l’argile avec mes mains puis en façonnant une pièce, j’oublie tout ce qui se passe autour de moi. Et, chaque fois, au moment de sortir mes œuvres du kama, je suis à la fois très excitée et soulagée, comme après un accouchement. Émue par les motifs créés au hasard par le feu de bois, je mûris déjà un nouveau projet."

Dans une petite ville près de la mer du Japon, d’où l’on peut voir les sommets enneigés du mont Daisen, vit Anzu, une femme dans la trentaine qui élève seule son garçon. Divorcée, indépendante, pourvue d’une douceur forte, elle semble imperméable à la cruauté du monde. Le secret d’Anzu, c’est son don pour la poterie. Elle fait des vases prêts à accueillir ces arrangements floraux appelés ikebana, qui signifie « art de vivre des fleurs ». Ce don semble la définir et l’armer contre les épreuves, les peines, les trahisons.

Mon Commentaire

‘Suzuran’, c’est le nom japonais d’une fleur printanière, le muguet. Mais c’est également le nom donné par Anzu, une céramiste à l’une de ses dernières créations, un vase destiné à ces arrangements floraux si typiques de la culture japonaise, l’ikebana. Et c’est surtout le nom du nouveau livre de l’autrice canado- japonaise Aki Shimazaki, et la première partie d’une nouvelle pentalogie…Elle y aborde comme toujours la vie de personnages divers mais si représentatifs de la société japonaise, leurs habitudes, leurs pensées, leurs liens permanents avec la culture traditionnelle, leur proximité avec les éléments naturels.

Ici, on fait donc la connaissance d’Anzu, femme divorcée d’une trentaine d’années et mère d’un petit garçon, dont la plénitude est assurée par sa passion pour la réalisation de jolies céramiques selon les rites traditionnels. Alors que la vie d’Anzu s’organise de façon sereine autour de son activité et de la garde partagée de son fils avec son ex-mari, cette plénitude va être bousculée par l’annonce de sa sœur ainée, séduisante, ambitieuse, complice de tous les instants mais dragueuse invétérée, de lui présenter son futur fiancé, ainsi qu’à leurs parents…

D’emblée, on peut dire sans hésiter que le style de l’autrice est d’une simplicité assez désarmante. Néanmoins, cette fluidité s’apprécie avec la légèreté de prime abord des propos. Ici, pas de spleen, pas de violence – et ça fait du bien ! - dans les échanges entre les personnages, mais cela n’empêche pas les réflexions intérieures de se multiplier et se bousculer parfois, et surtout d’éprouver des émotions intenses…Les personnages dont on fait la rencontre au cours de ce roman très court sont simples : ils ne sont que de simples mortels qui souvent ont échoué dans leur vie soit en raison d’ambition démesurée, soit suite à de mauvaises fréquentations, mais toujours victimes d’un manque de discernement par manque de volonté et surtout de passion. C’est au contraire sa passion claire pour l’ikebana et son osmose avec les éléments naturels qui vont permettre à Anzu à surmonter toutes les épreuves de la vie.

Un très joli roman léger dans la veine de ce que savent faire les écrivains japonais, qui se lit quasiment d’une traite, en attendant de découvrir les quatre

Ma note : 15/20

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