Acteurs :

Amira Casar

Dylan Gwyn

Camelia Jordana

Esther Garrel

Maya Sansa

Pascal Greggory

Mark Ryder II

Nanna Blondell

Synopsis

Deux jeunes françaises, Kenza et Yaël, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes Kurdes. Leur quête croise celle de Zara, une rescapée Yézidie. Issues de cultures très différentes mais profondément solidaires, ces Sœurs d’Armes pansent leurs blessures en découvrant leur force et la peur qu’elles inspirent à leurs adversaires.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon Commentaire

C’est en fait au récit de deux histoires que Caroline Fourest nous convie pour son premier long métrage, inspiré néanmoins de faits authentiques : d’un côté, celle de Zara (Dylan Gwyn) une jeune femme Yézidie, rescapée d’une rafle de Daech, au cours de laquelle elle a vu exécuter son père, puis a été vendue comme esclave sexuelle mais qui, réussissant à s’échapper, n’a de cesse de retrouver les siens. De l’autre, celle d’un groupe de femmes soldats de nationalités multiples et d’origines sociales différentes, auquel se joignent deux françaises, Kenza (Camélia Jordana) et Yael (Esther Garrel). Elle se sont engagées pour se battre aux côtés des Kurdes avec le but d’éradiquer Daech et les aider à créer un Kurdistan libre. On découvrira que ces « Sœurs d’armes » elles- mêmes sont souvent passées par les mêmes étapes que Zara, mais sont parvenues à s’en sortir grâce à une volonté de fer et une solidarité à toute épreuve, d’autant que leur force, leur entraînement et leur détermination inspirent la peur à leurs adversaires.

Quand on connaît un peu le parcours de Caroline Fourest, on comprend vite que « Sœurs d’arme » représente comme une synthèse de toutes les thèses qu’elle défend depuis toujours : la fin des sociétés patriarcales, le droit pour les femmes de se prendre en charge et de combattre toute forme d’oppression, leur droit à l’expression et à la liberté. On ne peut d’ailleurs qu’apprécier le choix qu’elle a fait au niveau des actrices pour incarner ces femmes jusqu’au-boutistes, magnifiques dans leurs postures, que ce soit en termes de maniement des armes qu’en termes de solidarité totale. On est impressionné également par la variété des nationalités de ces femmes dont le destin est uni par le refus des violences masculines et le combat sans faille de tout extrémisme religieux. Mais le film ne se limite pas seulement à cela, puisqu’il constitue un témoignage intéressant sur la vie de cette minorité ethnique Yézidie, peuple très proche des Kurdes habitant dans le nord de la Syrie et de l’Irak dont il se distingue par la pratique d’une religion monothéiste chrétiens, qui a été martyrisé durant des siècles.

On pourra bien entendu reprocher au film quelques maladresses, des dialogues décalés inutiles et probablement un côté certainement un peu trop romancé pour être vraiment authentique. Néanmoins, force est de constater que Caroline Fourest a réalisé ici un film de guerre engagé revenant sur un drame ô combien contemporain et proche de nous géographiquement, traité de plus sur un niveau humain.

Ma note :   14/20