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Acteurs

Sachie Takana

Hazuki Kikuchi

Maiko Mihara

Rira Kawamura

Synopsis

A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d'écouter ses émotions et celles des autres

Mon commentaire

Troisième et dernier opus pour Senses…Jun (Rira Kawamura) n’est toujours pas réapparue, son mari qui a obtenu gain de cause dans son rejet du divorce la recherche activement et intervient de plus en plus dans le quotidien des trois amies, dont la complicité et la proximité néanmoins commencent à se fissurer. Akari (Sachie Takana) s’est brouillée avec Sakurako (Hazuki Kikuchi), qui reste proche de Fumi (Maiko Mihara), elle-même en plein questionnement face au comportement de son mari Takuya, l’éditeur de la jeune écrivaine Kozue pour laquelle il éprouve une attirance de plus en plus sensible…

Ryusuke Hamaguchi nous livre ici les portraits assumés et décomplexés de chacune des amies, dont la psychologie a littéralement évolué à 180 degrés depuis la soudaine disparition de Jun, qui a servi de catalyseur de leurs envies. Chacune d’entre elles assume désormais totalement ses choix, aucune désormais n’hésite à bouleverser un équilibre quotidien qui n’était finalement qu’apparent et précaire : il est temps pour chacune d’assumer ses choix de vie et de refuser le ronronnement de la routine familiale ou professionnelle.

Avec une extrême acuité et néanmoins beaucoup de délicatesse, le jeune metteur en scène parvient à dessiner les véritables tempéraments de ces jeunes femmes, qui n’hésitent plus à se rebeller et à s’affirmer, comme pour mieux renaître. Parallèlement à leur émancipation, pour la première fois, on commence à voir se fendre la carapace des hommes qui les dominaient et restaient jusqu’alors totalement maîtres des situations.

Un épilogue plein de sensibilité et très bien filmé qui apporte une belle bouffée d’air frais à la condition féminine japonaise de ces quatre amies. D’où un prix d’interprétation choral bien mérité décerné aux quatre actrices non professionnelles lors du dernier festival de cinéma de Locarno.

Ma note : 16/20