Acteurs 

Roschdy Zem

Léa Seydoux

Sara Forestier

Antoine Reinartz

Chloé Simoneau

Betty Cartoux

Synopsis

À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…

Mon commentaire

Roubaix, un soir de Noël. Le commissaire divisionnaire Daoud (Roschdy Zem), natif de cette région, solitaire et bienveillant fait équipe avec Louis (Antoine Reinartz), un jeune inspecteur frais émoulu pour assurer la permanence policière en sillonnant la ville. On découvre une ville comme à l’abandon, malgré les guirlandes qui ornent les avenues. Il faut dire que Roubaix (ville natale du metteur en scène) est l’une des communes les plus pauvres de France depuis la désindustrialisation qui s’est opérée depuis les années 70...
À part une tentative de fraude à l’assurance, des incendies de voitures, des faits d’alcoolisme habituels et toutes sortes de violences conjugales, tout semble relativement calme dans le secteur, jusqu’à ce que la police se trouve confrontée d’abord à une tentative de viol sur mineure, puis également dans le quartier dit de la Pile au sordide meurtre de Lucette, une vielle dame à laquelle on a aussi dérobé ses économies. La police soupçonne deux jeunes femmes habitant la même cour, paumées et toxico, Marie (Sara Forestier) et Claude (Léa Seydoux)

...Dès le début, on nous annonce que le film est inspiré par des faits réels, victimes et coupables ayant véritablement existé sous un physique ou un autre…Arnaud Desplechin, qui avec ce film change une nouvelle fois de registre, nous entraîne dans un film noir, un peu à la manière d’un Georges Simenon, avec dans le rôle de Maigret ce commissaire expérimenté, doté d’une belle compassion et de plein de sagesse Le metteur en scène s’attache à recréer une atmosphère et à nous raconter une chronique policière dont l’action se déroule dans une ville qui a du mal à retrouver le chemin de la reprise économique, comme si elle était abandonnée de tous. On a l’impression d’être ballottés au gré des actes de violence ou de vandalisme dont sont témoins les membres de ce commissariat, sans pour autant véritablement rentrer dans une véritable enquête, ce qui finit par dérouter un peu... Avant que Desplechin ne nous emmène enfin dans les profondeurs de l’enquête sur le meurtre de Lucette, dans un quasi-huis-clos brillamment filmé qui donnent à Léa Seydoux et à Sara Forestier toutes deux filmées souvent en plans très rapprochés l’occasion de nous prouver leur talent en étant vraiment bouleversantes. Alors, me direz-vous, pourquoi « une lumière » dans le titre de ce film certes pas très drôle ? C’est celle de la lueur d’optimisme et de pragmatisme qui brille dans l’œil plein d’humanité de ce commissaire qui malgré tout aime cette ville et comprend le désarroi de ses habitants.

"Roubaix, une lumière" a été présenté en compétition au dernier Festival de Cannes

Ma note : 15/20