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Acteurs 

Sarah Greene

Moe Dunford

Ellie O’Halloran

Ruby Dunne

Darragh McKenzie

Synopsis

Rosie Davis et son mari forment avec leurs quatre jeunes enfants une famille modeste mais heureuse. Le jour où leur propriétaire décide de vendre leur maison, leur vie bascule dans la précarité. Trouver une chambre à Dublin, même pour une nuit, est un défi quotidien. Les parents affrontent cette épreuve avec courage en tentant de préserver leurs enfants..

Mon commentaire

Même s’il s’agit d’une réalisation irlandaise, il est clair que le film de Paddy Breathnach penche du côté du terrain de prédilection du Britannique Ken Loach, le cinéaste spécialiste des études de société notamment des classes les plus modestes (Palme d’Or à Cannes en 2016 avec « Moi, Daniel Blake »), ou bien du côté du cinéma des frères Dardenne (Rosetta -1999).

Pour ceux – comme moi – qui l’ignoraient, l’Irlande se distingue par un coût exorbitant des loyers : ainsi on apprend en début de projection que plusieurs centaines de milliers de famille entières (parents et enfants) errent d’hôtel en hôtel de jour en jour, sans savoir de quoi leur lendemain sera fait.

Ainsi, Rosie Davis (Sarah Greene) et son mari John Paul (Moe Dunford) se retrouvent avec leurs quatre enfants à la rue du jour au lendemain. Ils habitaient une modeste maison dans la banlieue de Dublin, qu’ils ont dû quitter car leur propriétaire a décidé de vendre, mais ils n’ont pas les moyens de se porter acquéreurs, les revenus de John Paul étant insuffisants. Dans l’attente de retrouver un nouveau pied-à-terre, Rosie et les enfants vivent dans leur voiture pendant que John Paul travaille. Une fois l’hôtel quitté la nuit passée, après avoir déposé les enfants à l’école, le jeu pour Rosie consiste à passer inlassablement des coups de fil pour trouver un lieu où passer la prochaine nuit. Inutile de décrire la tension, l’inquiétude et la honte permanente dans lesquelles vit la famille, Rosie souhaitant rester digne en toutes circonstances, préférant taire leur misère devant les anciens voisins, les enseignants ou encore les familles des camarades d’école.

Tourné caméra à l’épaule et souvent en plans rapproché, on a l’impression de suivre pas à pas les pérégrinations de cette famille qui fait face quotidiennement à des aléas divers et variés. Et Rosie Davis se doit de les surmonter les uns après les autres, parfois de simples obstacles dérisoires, avec l’idée ambitieuse de pouvoir apporter un avenir meilleur aux enfants.

Là où le film est particulièrement réussi, c’est qu’à aucun moment l’histoire de cette famille aussi glauque soit elle ne tombe dans un excès de larmes. Malgré quelques rares écarts de conduite ou de comportement, Rosie Davis reste toujours digne et aimante vis-à-vis de ses enfants, déterminée à protéger ses enfants à tout prix et à sortir de cette précarité. On regrette toutefois une fin un peu abrupte car le film aurait mérité un dénouement plus inspiré… « Rosie Davis » reste néanmoins un film attachant à découvrir absolument grâce à l’interprétation de Sarah Greene, vraiment lumineuse dans le rôle de cette mère particulièrement tenace.  

Ma note : 15/20