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Acteurs 

Dario Grandinetti

Andrea Frigerio

Alfredo Castro

Laura Grandinetti

Diego Cremonesi

Synopsis

Argentine, 1975. Claudio, avocat réputé et notable local, mène une existence confortable, acceptant de fermer les yeux sur les pratiques du régime en place. Lors d’un dîner, il est violemment pris à parti par un inconnu et l’altercation vire au drame. Claudio fait en sorte d’étouffer l’affaire, sans se douter que cette décision va l’entraîner dans une spirale sans fin.

Mon commentaire

« Rojo » est le troisième opus du jeune réalisateur argentin Benjamin Naishtat. L’action de son film se situe en 1975, tout juste quelques mois avant un coup d’état qui va porter une dictature au pouvoir. On y rencontre Claudio (excellent Dario Grandinetti), un avocat notable dont la réputation n’est plus à faire, qui attend au restaurant pour dîner son épouse Susana (Andrea Frigerio). Mais Claudio y est bientôt pris à partie par un inconnu (Diego Cremonesi) et l’altercation tourne bientôt au drame. Bien que Claudio soit tenté d’étouffer l’affaire, sa vie va basculer et bientôt l’entraîner avec sa famille dans un tumulte inattendu.

On peut d’abord apprécier l’idée même de la reconstitution de cette époque, d’abord par un générique qui s’éternise - le titre du film n’apparaît en rouge et noir qu’au bout d’une vingtaine de minutes ! - comme cela était souvent le cas dans les années 70, la patine du film apparemment tourné en argentique mais également par le choix de la musique reprenant les standards de l’époque.

En fait, la vie de l’avocat et de sa famille n’est à première vue guère bouleversée par les disparitions multiples et mystérieuses de jeunes adultes çà et là dans son entourage : Claudio a fait le choix de les ignorer totalement pour continuer à diriger ses affaires et à plaire à ses pairs, mais surtout au gouvernement provincial dont le rôle devient de plus en plus incontournable et prédominant. Il y a même quelques clins d’œil aux relations bilatérales entre cette Argentine au sein de laquelle on sent un extrémisme monter et les Etats Unis dirigées par le Républicain Gerald Ford et ses représentants texans qui s’échangent des ‘cadeaux’.

Ce qui est intéressant dans ce film néanmoins vraiment trop lent à mon goût car jouant surtout sur l'atmosphère , c’est de voir avec quelle facilité tous les éléments de mise en place d’une dictature annoncée se sont mis en place, les notables comme Claudio ayant pris le parti d’ignorer la menace et de garder un silence absolu et entièrement complice par le fait… D'autant que par tranquillité d'esprit , il accepte de se porter sans scrupules garant d’opérations parfaitement illégales utilisant par exemple des prête-noms pour d’obscures opérations immobilières et d’autres magouilles.

Sans abondance de violence et presque sans hémoglobine, le réalisateur de « Rojo », qui symbolise à la fois le sang qui va couler mais aussi le rouge du communisme craint par la dictature naissante, réussit à tisser une ambiance sombre, lourde et anxiogène faisant ressortir ses talents de conteurs et de moralistes, ce qui n’est déjà pas si mal.

Ma note : 13/20