Acteurs :

Fionn Whitehead

Leyna Bloom

McCaul Lombardi

Louisa Krause

Synopsis

C’est l’histoire d’une rencontre, entre un jeune homme blanc qu’on prend pour un loser et qui tente de survivre dans un New York qui ne veut pas de lui, et une « famille » de danseurs noirs et queer de Harlem adeptes du « voguing ». Parmi eux, il y a une fille superbe. Mais voilà, elle n’est pas seulement une fille superbe.

Mon Commentaire

 

Paul (Fionn Whitehead), 20 ans a quitté Pittsburgh pour New York, où il est censé être hébergé par sa demi-sœur Sara. Rejeté par cette famille, il fait la rencontre dans le métro de Lee (McCaul Lombardi), qui va lui proposer un hébergement temporaire ainsi qu’un job de déménageur…Au cours de ses sorties, Paul va par hasard rencontrer Wye (Leyna Bloom), une jeune fille noire superbe qui appartient à une « famille » de danseurs noirs et queer de Harlem, adeptes du « voguing » (style de danse urbaine apparu dans les années 70). Et c’est le coup de foudre quasi-immédiat, même si ni l’un ni l’autre ne sont prêts à se dévoiler totalement…

 « Port Authority », premier film de la réalisatrice Danielle Lessovitz est un film aux facettes multiples : c’est d’abord le récit de l’arrivée d’un jeune dans un monde qu’il ignore (New York), au sein duquel il va être confronté à toutes sortes de personnages, plus ou moins paumés ou marginaux comme lui, rencontrés çà et là lors de petits boulots. Et puis bien sûr et de façon peut être moins originale, c’est la rencontre amoureuse de deux êtres issus de milieux différents que rien ne semblait pouvoir rapprocher, filmée cependant de façon extrêmement artistique et belle. C’est en plus une étude intéressante sur la famille, naturelle ou pas, unie ou non par des liens plus forts que ceux du sang, mais aussi sur le mensonge par omission et les secrets au sein de couple. Comment s’intégrer effectivement à New York sans le soutien d’une famille bien implantée qui puisse vous ouvrir les portes ?

Tout cela est filmé avec une véritable virtuosité et de belles aptitudes artistiques, Danielle Lessovitz filme intensément ses personnages au plus près des corps dans de petits appartements sombres de Harlem, faisant ressortir le romantisme de l’union entre Paul et Wye. Ce dernier est sublimé par l’interprétation très délicate des deux acteurs. On se laisse porter par l’ambiance douce, tendre et spectaculaire qui règne autour d’eux alors qu’en fond de décor, il y a souvent beaucoup de violence et de misère.

Bien sûr, tout n’est pas parfait, on détecte même quelques maladresses dans le montage du film et dans les messages parfois un peu confus qui sont transmis. Mais pour un premier film, c’est plutôt une réussite qui a même reçu un accueil chaleureux lors du dernier Festival de Cannes

Ma note :   15/20