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Acteurs

Pierre Deladonchamps

Vincent Lacoste

Denis Podalydès

Clément Métayer

Adèle Wismes

Synopsis

1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

Mon commentaire

Jacques (Pierre Deladonchamps) est un écrivain homosexuel trentenaire, également à ses heures auteur de pièces de théâtre. Il vit à Paris avec son jeune fils Louis, mais compte tenu d’un profil passionnel très marqué change très souvent de partenaires, au grand dam de son ami et voisin Mathieu (Denis Podalydès). Lors d’un bref séjour estival à Rennes, Jacques rencontre par hasard Arthur (Vincent Lacoste), jeune étudiant de 22 ans dont il tombe littéralement amoureux. Arthur le séduit notamment par son côté décomplexé qui se cherche encore sexuellement. Entre eux, la relation amoureuse va être assez intense, d’autant que Jacques se sait malade...

Ce retour sur l’ambiance des années 90 et la problématique du Sida omniprésente ne sont pas sans rappeler celles évoquées dans le film de Robin Campillo « 120 battements par minute » chaleureusement accueilli à Cannes l’an dernier. Comme dans celui-ci, on ressent dans le film de Christophe Honoré cette soif omniprésente de séduction, la recherche de l’amour intense avec un sentiment de vivre d’urgence. Pour preuve, Jacques est présenté comme un personnage un peu ambigu et à la psychologie complexe. Ses intenses besoins d’amour sont ses messages voilés dans ses écrits, mais il cache aussi derrière une apparence extérieure dure une sensibilité exacerbée et de grandes faiblesses…Quant à lui, Arthur du fait de sa jeunesse offre un profil très différent : chez lui, ce sont la fougue, l’’innocence et même une certaine d’inconscience qui prédominent, doublés d’un fonctionnement à l’instinct. Ce qui ne l’empêche néanmoins pas d’être très également très sensible, d’autant qu’il est évidemment à la recherche de l’Amour avec un grand A.

Christophe Honoré revient une nouvelle fois à Cannes présenter son film en compétition (après « 17 fois Cécile Cassard en 2002 », « les Chansons d’amour » déjà en compétition en 2007 et les « Bien Aimés » en 2011 hors compétition) et nous offre ici un film passionné et passionnant, à la fois sobre et poignant. Il reconstitue avec justesse l’ambiance prédominante des années 90, les années de ses 20 ans en l’occurrence, notamment en nous proposant une bande originale de qualité puisée hors des sentiers battus. Comme s’il s’agissait d’une autobiographie fictive, Christophe Honoré montre un œil très avisé sur l’homosexualité, prouvant d’ailleurs qu’il n’existe aucun profil type d’homosexuels contrairement aux idées reçues de l’époque, L’interprétation des deux protagonistes est absolument parfaite, Arthur-Vincent Lacoste incarnant parfaitement le jeune homme débutant dans sa vie amoureuse et sexuelle alors que Jacques – Pierre Deladonchamps arrive au crépuscule de la sienne.

Son interprétation est impressionnante tant le spectre du jeu de son personnage est large et pourrait peut-être lui valoir un prix d’interprétation ?

« Plaire, aimer et courir vite » est toutefois un film bien moins sombre que « 120 battements par minute », même s’il aborde le même sujet. On trouve même des répliques et des scènes pleines d’humour qui font gentiment sourire et rendent l’ambiance un peu moins sombre ... On pourrait par certains côtés le situer dans le registre du très réussi « Call me by your name », le contexte idyllique italien en moins, du fait d’une très belle mise en scène et de superbes moments de cinéma très esthétiques. Malgré un démarrage un peu lent, Christophe Honoré nous livre au total une œuvre de grande qualité pleine de sensibilité et de charme interprétée par des interprètes brillants qu’on souhaite rapidement revoir à l’écran.

Ma note : 15/20