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Acteurs 

Song Hang-ko

Lee Sun-kyun

Cho Yeo-jeong

Choi Woo-sik

Park So-Dam

Lee Jeong-eun

Synopsis

 

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne...

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

Ki-taek (Song Hang-ko), sa femme et ses enfants tirent le diable par la queue : lui étant au chômage, il leur est difficile de joindre les deux bouts dans leur petit appartement miséreux à la limite de l’insalubrité. Cette existence tranche avec celle de la famille Park, qui vit quant à elle pas très loin dans une luxueuse maison entourée d’un immense jardin caché. Un jour cependant, grâce à un ami, Ki-Woo (Choi Woo sik) le fils de Ki-taek, réussit à se faire embaucher pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park…Petit à petit, le destin des deux familles va s’entremêler au point que tout va changer de façon irréversible pour les uns et les autres…

Quand on découvre le nouveau film du réalisateur coréen Bong Joon Ho, qui dépeint de façon extrêmement objective les conditions de vie des deux familles que tout oppose, l’une pauvre mais rusée, l’autre riche mais totalement naïve, cohabitant au sein d’une même société, on ne peut s’empêcher de penser au ton satirique et caustique des comédies telles que « La vie est un long fleuve tranquille » d’Etienne Chatiliez (1988), ou plus encore telles qu’« Affreux, sales et méchants » d’Ettore Scola (1976). Il n’y a d’ailleurs pas que dans la situation dramatique de la famille et la mise en scène que le film penche vers l’univers du cinéma italien, notamment au niveau du choix de certains morceaux de la bande originale.

Ainsi que le recommande l’affiche du film, on ne « spoilera » donc rien de cette incroyable histoire qui se crée de toutes pièces, avec comme moteur essentiel un ensemble de faits calculés qui s’enchainent, mais également une incroyable crédulité et de nombreux rebondissements qui créent bien sûr la surprise. Tout ce qu’on peut dire, c’est que l’on rit beaucoup lors de la première partie du film, un peu à l’image d’une comédie bon enfant avec quiproquos et situations incongrues à la clé. Puis on verse petit à petit dans un registre radicalement différent, un peu à la mode d’un vieux film d’Hitchcock, pendant lequel on frissonne alors que le suspense grimpe d’un cran jusqu’à déboucher sur une issue absurde non prévue...

Le talent de Bong Joon Ho est de nous maintenir avec cette puissante satire politique et sociale d’abord sous un charme certain, puis en haleine pendant toute la durée du film. Il parvient à dénoncer ainsi les méfaits et l’injustice du système économique capitaliste destructeur et politique actuel, qui a pour effet corollaire le creusement des inégalités de richesse et de statut social entre les familles « du bas » et les nantis de la haute société. Attention ! il n’y aucune inclinaison non plus vers le régime dictatorial de Corée d Nord non plus ! Seulement le réalisateur nous montre que pour les plus démunis, survivre se révèle très difficile. Sans compter qu’il est loin d’être facile de s’épanouir dans la classe supérieure, tout en nous rappelant que sous des extérieurs trompeurs d’opulence et de rigidité, la haute société peut elle-même voir se développer en son sein des « parasites »…

Pour couronner le tout, les travellings réalisés dans la maison des Park et plus généralement la qualité des images sont absolument parfaits, donnant au film un aspect de papier glacé, qui sert de décor pour des scènes apparentées au théâtre tenant du vaudeville, mais qui basculerait finalement dans la tragédie, dans un monde absurde violent et absurde.

En résumé, un film à voir et revoir, parlant aussi d’amour de parents qui sont inquiets quant à la réussite de leur progéniture, qui a mis d’accord l’entièreté des critiques et le Jury du 72ème Festival de Cannes, qui lui a décerné la Palme d’Or, Palme d’Or bien méritée!

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Ma note : 17/20