Acteurs 

Marion Cotillard

Gilles Lellouche

Pascale Arbillot

François Cluzet

Laurent Laffitte

Benoit Magimel

Valérie Bonneton

Clémentine Baert

Synopsis

Préoccupé, Max est parti dans sa maison au bord de la mer pour se ressourcer. Sa bande de potes, qu’il n’a pas vue depuis plus de 3 ans débarque par surprise pour lui fêter son anniversaire ! La surprise est entière mais l’accueil l’est beaucoup moins... 
Max s’enfonce alors dans une comédie du bonheur qui sonne faux, et qui mettra le groupe dans des situations pour le moins inattendues.
Les enfants ont grandi, d’autres sont nés, les parents n’ont plus les mêmes priorités...  Les séparations, les accidents de la vie... Quand tous décident de ne plus mettre de petits mouchoirs sur les gros bobards, que reste-t-il de l’amitié ?

Mon commentaire

Avant d’écrire cette critique, j’ai vérifié l’année de sortie sur les écrans des « petits mouchoirs », première partie de cette histoire, pour ceux qui l’ignorent encore : 2010. Pas étonnant dans ces conditions que pour cette ‘suite’, les retrouvailles de cette bande de potes ne soit pas aussi simple qu’escompté. Car bien entendu chaque membre du groupe a vieilli, les couples qui sont toujours ensemble ont évolué, d’autres se sont défaits, d’autres partenaires sont arrivés, sans compter que les enfants n’en sont plus tout à fait et que même un bébé est arrivé !

Pour Max (François Cluzet), les années passées ont été rudes, donc on comprend bien que s’il décide de s’échapper dans sa splendide maison du Cap Ferret, c’est au moins pour se ressourcer et prendre du recul par rapport aux dernières années…

L’arrivée impromptue et lourdingue de sa ribambelle de copains fêtards au grand cœur tombe vraiment mal lorsqu’on a envie de solitude. Surtout que la ‘surprise’ a pour origine la célébration d’un anniversaire pas comme les autres, puisqu’ils viennent fêter son changement de dizaines, Max passant le dur cap des 60 ans. Après un accueil plutôt glacial, Max va faire néanmoins semblant, avec la complicité d’Éric (Gilles Lellouche), qui va l’aider à sauver la face, au moins temporairement...

Il faut avouer que c’est avec un certain plaisir qu’on replonge dans la vie futile et bon enfant de ce groupe de potes, toujours prêts à faire la bringue et à prononcer des réparties d’un goût plus ou moins douteux. Belle gageure que cette suite alors que dans le premier épisode, cet équilibre instable couronné de succès était loin d’être si prometteur, tant toutes les relations entre ces ami(e)s tenaient plutôt de la magie. Cette fois, l’histoire repose davantage sur un côté satirique mais traité sur un ton nettement plus noir et montrant un constat beaucoup plus mitigé. Car en dehors de Max, force est de constater que tous ceux qui rêvaient d’un parcours professionnel ou personnel brillant sont bien loin des objectifs qu’ils s’étaient assignés.

Grâce à une troupe jouant une partition excellente (de François Cluzet, magnifique dans le rôle de Max passant de la dépression la plus noire à l’exubérance la plus poussée, de Marion Cotillard désabusée et portée sur la bouteille à un Magimel troublant de sensibilité et d’humanisme, en passant par un Laurent Laffitte loser corvéable à merci pour Antoine-Gilles Lellouche ou une Pascale Arbillot en ‘bombe’ sexuelle), Guillaume Canet excelle dans sa direction d’acteurs et nous emmène avec un certain cynisme dans cette suite qui laisse un goût un peu amer. Cela ne signifie pas qu’on s’ennuie dans ce film qui dure tout de même 2h15, mais ici, lorsqu’on rit, on rit jaune... Et on se pose des questions, notamment celles relatives au comportement que tout un chacun doit adopter vis-à-vis de son cercle d’amis proches quand on est dans la mouise. En l’occurrence, il est nécessaire d’apprendre à ne pas de refermer sur soi et de s’apprendre à se reposer aussi sur eux afin de surmonter au mieux les problèmes délicats.

Une chose est certaine, c’est que lorsque le générique de fin apparaît, on se dit que malgré les aléas de la vie, on aimerait bien repasser dans une petite dizaine d’années encore quelques jours en compagnie de cette bande de potes qui malgré leurs amertumes et leurs déceptions ont encore de beaux moments à nous faire partager.

Guillaume Canet semblait s’inquiéter des résultats de « Nous finirons ensemble » au box-office : nul doute que de nombreux spectateurs auront été une fois de plus séduits par son travail et sa sensibilité de réalisateur. Et que cette suite figurera en bonne place pour les nominations des Césars 2020 !

Et pour finir, le film bénéficie également d’une bande originale de premier ordre qui rappellera sûrement de nombreux souvenirs aux quinquas d’aujourd’hui.

Ma note : 17/20