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Acteurs 

Hend Sabri

Lotfi Abdelli

Hakim Boumsaoudi

Imen Cherif

Synopsis

5 jours, c’est le temps qu’il reste avant que le divorce entre Noura et Jamel, un détenu récidiviste, ne soit prononcé. Noura qui rêve de liberté pourra alors vivre pleinement avec son amant Lassad. Mais Jamel est relâché plus tôt que prévu, et la loi tunisienne punit sévèrement l’adultère : Noura va alors devoir jongler entre son travail, ses enfants, son mari, son amant, et défier la justice...

Mon commentaire

Il reste tout juste 5 jours à Noura (Hend Sabri), qui attend avec impatience d’avoir les autorisations nécessaires pour valider son divorce d’avec Jamel (Lotfi Abdelli), son escroc de mari, voleur multirécidiviste actuellement en prison. Noura attend ce précieux sésame pour partir vivre avec son amant Lassad (Hakim Boumsaoudi) …Mais 4 jours avant la date butoir, Jamel est libéré et rentre à la maison. Or, la loi tunisienne en matière d’adultère est très dure : elle punit d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement les fautifs…Noura va devoir gérer ces 4 ultimes jours de façon très serrée, contrainte par ses obligations familiales, son travail à l’hôpital, son engagement vis-à-vis de son amant et doit absolument adopter une attitude tranquille vis-à-vis de Jamel, qui tente quant à lui de l’amadouer de nouveau.

« Noura rêve », dont l’action se situe de nos jours dans un quartier populaire de Tunis constitue un film supplémentaire décrivant les conditions de vie des femmes dans les pays du Maghreb. On prend pleinement conscience du rôle subalterne que leur accorde la société contemporaine, même si de l’extérieur on a l’impression que l’émancipation prend petit à petit le pas.

La réalisatrice Hinde Boujemaa, pour son premier long métrage, nous propose un film à l’atmosphère lourde, appuyé par de longs plans fixes et de gros plans sur les visages des protagonistes, souvent avec un éclairage très sombre comme pour mieux retranscrire la noirceur de la situation. Les scènes étant de surcroît tournées en intérieur, un sentiment de claustration va crescendo, d’autant que petit à petit la tension monte. Sans rien dévoiler du dénouement du film, on pourra simplement souligner que cette tension donne lieu à quelques scènes très efficaces, notamment celles qui se déroulent au commissariat devant les policiers, dont la vertu et l’honnêteté semblent bien loin d’être exemptées de tout reproche. On appréciera chez Hinde Boujemaa la simplicité de l’intrigue, dénuée de toute complexité psychologique - mais dotée d’une mise en scène minimaliste – et la sincérité de la manière dont est dépeint ce drame social somme toute banal. On découvre un beau portrait de femme et de mère de famille, qui se bat depuis longtemps pour pallier les manquements de son mari et assure au quotidien avec de maigres moyens l’éducation de ses enfants. Les acteurs de ce triangle amoureux, dont on apprend qu’ils incarnent des rôles à contre - emploi de leur vraie activité, sont assez crédibles. Mais le film n’atteint toutefois pas l’intensité du film iranien « Une séparation » d’Ashgar Farhadi, sorti en 2011, sur un thème proche.

Ma note :  14/20