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Acteurs 

Frances McDormand

David Strathairn

Gay DeForest

Linda May

Charlene Swankie

Patricia Grier

Angela Reyes

Synopsis

Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. De vrais nomades incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain.

Mon commentaire

Lion d’or à Venise en 2020, 3 Oscars en avril dernier dont celui du Meilleur film, du Meilleur scénario et de la Meilleure actrice féminine, que faut-il de plus pour décider un amateur de cinéma indépendant d’aller découvrir ‘Nomadland’, le second film de la réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao ? Après ‘the Rider’, qui nous montrait avec originalité et talent une certaine facette de l’Amérique profonde, ‘Nomadland’, adapté du roman ‘ Nomadland : surviving America in the 21st century ’ de Jessica Bruder (2017) nous emmène cette fois dans le fin fond du Nevada, où Fern (Frances McDormand) vivait avec son mari Bo, qui travaillait dans une mine de gypse qui a été fermée. Qui dit mine fermée dit ville purement et simplement rayée de la carte. Après le décès de son mari, Fern a acheté un van, dont elle a totalement aménagé l’intérieur pour y vivre, car elle ne peut plus rester dans le pavillon qu’on leur avait alloué. Le van va lui permettre de parcourir les routes de l’état à la recherche de travail, quel qu’il soit, car rien ne lui fait peur. Elle attaque ainsi une vie de nomade, à l’instar de celles des pionniers du XIXème siècle qui parcouraient des distances énormes afin de trouver du travail pour joindre les deux bouts…

Chloé Zhao nous fait partager le quotidien de cette femme au courage et à la résistance immenses qui doit coûte que coûte chaque jour se battre pour survivre. Pour elle, il n’y a pas d’amertume ni de regrets, mais une certaine résignation par rapport à cette existence en marge de la société. C’est uniquement le hasard qui lui fait rencontrer des femmes et des hommes qui ont choisi de vivre en itinérance, fuyant la ville mais enterrant aussi certaines blessures profondes par le voyage…Voyages au cours desquels leur quotidien et la rage de (sur)vivre sont basés sur l’entraide et la solidarité …

Ce qui s’avère très intéressant ici, c’est de constater que ces nomades qui vivent dans des conditions de confort et d’hygiène parfois très sommaires sont souvent des hommes et femmes éduqués, issus de milieux sociaux divers mais qui n’ont pas pu faire face à des évolutions économiques liées au pouvoir du dollar tout puissant …

Mais tous ces nomades qui sillonnent inlassablement les routes ont adopté le rythme des saisons pour leurs activités et ont opté pour un choix de vie sans attache et en totale communion avec la nature… Ce qui ne les empêche pas non plus de ressentir une grande solitude quand les amitiés de défont en même temps que les camping-cars partent vers des horizons différents La mise en scène simple mais efficace de ‘Nomadland’ nous donne aussi l’occasion de découvrir la beauté sauvage des paysages du Nevada et des états environnants.

Pour finir, la prestation de Frances McDormand (qui est à l’origine du film, ayant acquis les droits du livre et également co produit le film) dans le rôle de Fern, cette femme résolument courageuse est absolument fantastique, on ne peut que s’incliner devant son interprétation parfaitement naturelle mais extrêmement touchante car toute en nuances. Il faut signaler par ailleurs que les autres comédiens autour de Fern ne sont pas des professionnels, mais bien d’authentiques nomades, ce qui assure une véritable authenticité à ce film vraiment incontournable.

On comprend alors tout à fait pourquoi le film a déjà été tant récompensé autour de monde !

Ma note :  17/20
Nomadland