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Acteurs 

Matthias Schoenhaerts

Bruce Dern

Jason Mitchell

Gideon Adlon

Connie Britton

Josh Stewart

Synopsis

Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille... Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé.

Mon commentaire

Roman Coleman (Matthias Schoenaerts) est détenu dans une prison perdue au fin fond du Nevada. Il s’est volontairement mis à l’écart de la société et se retranche dans un mutisme volontaire permanent et une violence difficilement contenue qui l’isolent chaque jour un peu plus et l’éloignent d’un possible retour à la liberté. Même sa propre fille ne parvient pas à renouer le contact…Pour tenter de le dérider, il est inscrit d’office à un programme de réhabilitation sociale au cours duquel il est en contact direct avec les mustangs, ces fameux chevaux sauvages d’Amérique au tempérament impétueux qui sont dressés pour être réaffectés auprès d’organismes d’état. Roman va devoir composer avec ces superbes créatures au comportement imprévisible.

Dès la première scène d’une beauté totale, on est littéralement projeté en plein cœur de la nature sauvage où vivent ces hordes de superbes mustangs, ces chevaux sauvages qui sont souvent « récupérés » pour être dressés et constituer notamment la fine fleur de la cavalerie de la police des frontières…Mais avant d’y être affectés, il y a bien entendu le temps du dressage, confié dans un but thérapeutique et psychologique à des prisonniers de droit commun, dont Roman, qui pour sa part n’a jamais approché le moindre cheval ! Il va pourtant devoir à son tour en apprivoiser, sachant qu’une mise aux enchères est prévue en fin de période de dressage.
La force du film réside tout d’abord dans le parallèle que la réalisatrice a choisi de faire entre la sauvagerie du mustang et celle de Roman : on ne sait d’ailleurs plus bien lequel des deux pourrait être le plus violent et le plus animé par un sentiment de colère. Les scènes générales de dressage ainsi que toutes celles où Roman et « son » mustang se retrouvent face à face sont juste splendides et touchantes à la fois. Nul doute que Laure de Clermont Tonnerre a mis en application les conseils avisés de Robert Redford, lui-même habitué des films ayant pour thème les chevaux. Robert Redford, en plus d’avoir sélectionné le film dans le cadre du Festival des films indépendants de Sundance, a même coproduit le film. On a même entendu dire qu’il lui a donné accès pour son tournage à certains sites qu’elle n’aurait pas pu imaginer utiliser autrement !
En dehors de cet aspect animalier, le film parvient à nous faire découvrir en plus l’univers carcéral et le quotidien des détenus qui constituent une sorte de melting-pot insolite. L’atmosphère sordide des prisons avec sa violence, son sentiment d’exigüité, de promiscuité, ses trafics, tout y est bien retranscrit. Avec un certain talent, la réalisatrice parvient même à nous faire oublier de nous interroger pour quel délit ou crime Roman a été condamné et pourquoi il s’est tant refermé sur lui...Et quelque part, notre attention est détournée par la relation homme-cheval qui évolue petit à petit.

En plus d’un voyage dans une contrée perdue habitée par des chevaux et des repris de justice en mode survie, Laure de Clermont Tonnerre réalise un premier film réussi, émouvant mais jamais larmoyant, avec dans le rôle principal un Matthias Schoenaerts qui trouve ici un rôle de composition à sa juste mesure, impressionnant mais pas uniquement par ses muscles- comme dans ‘De rouille et d’os » de Jacques Audiard- ce qui ne fait que renforcer l’idée qu’il appartient déjà au monde des grands acteurs.

Ma note : 16/20