Acteurs 

Yvan Attal

Charlotte Gainsbourg

Eric Ruf

Pascale Arbillot

Ben Attal

Sébastien Thierry

Panayotis Pascot

Adèle Wismes

Pablo Venzal

Synopsis

Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Les responsables de ses échecs, de son manque de libido et de son mal de dos ? Sa femme et ses quatre enfants, évidemment ! A l’heure où il fait le bilan critique de sa vie, de toutes les femmes qu’il n’aura plus, des voitures qu’il ne conduira pas, un énorme chien mal élevé et obsédé, décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur mais au grand dam du reste de la famille et surtout de Cécile, sa femme dont l’amour indéfectible commence à se fissurer.

Mon commentaire

En adaptant le livre éponyme de John Fante, Yvan Attal, après ‘Ma femme est une actrice’ et ‘Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants’ nous livre ici une nouvelle fois une réalisation ayant pour thème la vie de couple, en dressant un portrait au vitriol d’un écrivain quinqua (Henri Mohen, alias Yvan Attal) en pleine crise d’inspirations, de son épouse Cécile (Charlotte Gainsbourg), qui cache difficilement sa déprime derrière la boisson et les anxiolytiques, et leur 4 grands enfants, Raphael (Ben Attal), Gaspard(Panayotis Pascot), Pauline (Adèle Wismes) et Noé (Pablo Venzal).

Aigri, Henri passe son temps à regretter le temps de son inspiration à Rome, 20 ans plus tôt, à l’issue duquel le roman publié avait été récompensé. Il impute son manque d’imagination à toute cette famille pesante et à ces quatre enfants parfaitement oiseux dont la présence et l’existence même lui pèsent. Une nuit par hasard il voit s’installer dans sa demeure un énorme chien baveux, qu’il va prénommer « Stupide » mal élevé et obsédé qui va paradoxalement l’aider à s’accomplir et à progressivement se défaire de toute sa progéniture, y compris de son épouse alors que leurs liens amoureux commencent à se déliter.

D’un côté, « Mon chien Stupide » ne manque pas de charme, d’autant que les portraits d’ados ou jeunes adultes qui nous sont présentés semblent crédibles (notamment, la présence du fils de Ben Attal dans la distribution ajoute une certaine authenticité). Mais cela parait pourtant un peu caricatural, on a l’impression que le trait a été forcé à force d’avoir voulu regrouper sous un même toit quatre personnalités parmi les jeunes d’aujourd’hui, extrêmement marquées. Bien entendu, on arrive à comprendre le besoin vital de l’écrivain pour recouvrer son indépendance mentale (et son inspiration) en procédant méthodiquement à un calcul froid lui permettant de les éloigner de lui, les uns après les autres. Il y a également beaucoup de tendresse et une bonne analyse de l’obsolescence des sentiments dans le couple Henri-Cécile, probablement surtout grâce à l’interprétation pleine de sensibilité et de charme fragile de la part de Charlotte Gainsbourg.

Cependant, on n’est pas totalement conquis par cette histoire. D’abord, par le choix du décor, cette villa très moderne surplombant la mer dans laquelle l’essentiel de l’action se déroule, qui sent un peu trop le RB&B et manque réellement de chaleur familiale. On s’interroge aussi notamment sur la nécessité d’avoir choisi un chien doté d’un tempérament d’obsédé sexuel pour que la recette fonctionne ? Est-ce simplement pour insister sur le contraste entre la forme physique de « Stupide » qui vient en contrepoint d’une sous-activité manifeste en la matière de l’écrivain Henri au bout du rouleau, dans un monde où il ne trouve plus sa place ?

Au total, on ressort de la projection avec un sentiment mitigé… Ce n’est pas forcément à la hauteur de ce qu’on aurait aimé voir, comme si le scénario semblait un peu paresseux…

Ma note : 13/20
mon chien Stupide