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Au Grand Palais-  du 3 octobre 2018 au 4 février 2019

Thématique :

Réunissant près de 150 œuvres dont certaines inédites en France et couvrant 70 ans de création, cette rétrospective retrace l’évolution technique et stylistique de l’artiste.
Miró crée à partir de ses rêves et nous ouvre les portes de son univers poétique. Il transforme ainsi le monde avec une apparente simplicité de moyens, qu’il s’agisse d’un signe, d’une trace de doigt ou de celle de l’eau sur le papier, d’un trait apparemment fragile sur la toile, d’un trait sur la terre qu’il marie avec le feu, d’un objet insignifiant assemblé à un autre objet. Miró fait surgir de ces rapprochements étonnants et de ces mariages insolites un univers constellés de métamorphoses poétiques qui vient ré-enchanter notre monde.

 

"Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème"

Mon commentaire

Le Grand Palais rend un puissant hommage au peintre catalan Miró en nous présentant une rétrospective de ses œuvres, qui couvrent 70 ans de sa vie ! Les très nombreuses œuvres - plus de 150 au total, dont certaines sont montrées pour la première fois - sont réparties sur deux étages et se déclinent en pas moins de 16 thématiques qui ont marqué son existence et sa carrière artistique.

On découvre ainsi qu’à l’origine, Miró a tiré de sa Catalogne natale son inspiration première, région dont il est totalement passionné. Ses expositions parisiennes lui ont ensuite servi de tremplins, mais c’est surtout à Palma de Majorque qu’il s’installera dans un grand atelier à la mesure de ses envies.

Même si en Catalogne Miró était un peintre figuratif plutôt traditionnel, il a choisi très rapidement de se démarquer de toute forme d’école, même s’il fera une brève incursion vers le cubisme (1916-1919),  puis en réalisant des œuvres dénuées de complaisance à l’égard des modes. Cela s’est traduit par une permanente remise en question de son langage pictural tout au long de sa longue carrière.

Après la période des peintures détaillistes (1918-1922, dont « la Ferme » constitue une très belle illustration), il s’installe à Paris et travaille dans un atelier rue Blomet (XVème). C’est l’époque à laquelle il déclare sa volonté « d’assassiner la peinture », en développant par lui-même des pratiques novatrices. L’atelier parisien sera le centre de ses rencontres avec les amis, poètes et écrivains de l’époque : C’est grâce à la découverte de ces univers poétiques qu’il basculera vers le surréalisme, qui le libérera des carcans de la tradition.

Les messages qu’il transmet sont souvent le reflet de ses rêves, de son imagination ou plus sérieusement le reflet de ses protestations et de ses combats - y compris par exemple en 1937 pour la défense de la république espagnole . Avec Pablo Picasso, il sera l’un des grands peintres à avoir lancé un défi au surréalisme et à l’abstraction, inventant des formes lui permettant de traduire sur toiles ou plus tardivement via des sculptures ou céramiques son goût extrême de liberté et d’indépendance.

Miró a réalisé ses rêves avec l’aide des grands poètes de son temps, fait également surgir des émotions par rapport aux interrogations et à l’admiration qu’il a envers la femme et son rôle de donneuse de vie. On retrouvera à plusieurs reprises des toiles les mettant en valeur tout en leur conservant un coté mystéerieux…

C’est presque à la fin de l’exposition que bien sûr on admire la célèbre trilogie des œuvres monumentales « Bleu I, Bleu II et Bleu III »que Miró réalisera avec beaucoup de patience et de minutie, faisant encore une fois un usage du bleu intense qui l’avait rendu célèbre dans les années 20 On dit que ces trois Bleus sont ainsi la synthèse de toutes les expériences menées par Miró. Et dans la dernière partie de sa vie, on découvre une autre facette du peintre qui met en avant son goût pour la provocation , pour l’humour et l’esprit de jeu : ainsi, « l’espoir du condamné à mort », achevé en février 1974 sera sa dernière toile, époque à laquelle pour d’autres œuvres, Miró poussera à son paroxysme son élan créateur, peignant avec ses doigts, ses poings ou marchant sur la toile , ou encore opposant l’épure azurée ou blanche de ses triptyques à l’intrusion du feu…

Cette exposition présente l’avantage de regrouper à Paris dans des salles multiples assez spacieuses et bien éclairées un très grand nombre d’œuvres du peintre dont certaines sont peu connues. En revanche, face à la diversité des styles et des messages transmis par ces toiles, j’ai pour ma part été plus sensible à la période d’entre deux guerres qu’aux réalisations de l’artiste après 1945, au contenu plus décalé et plus provoquant, hormis bien entendu les célèbres trois Bleus impressionnants.

Ma note : 15/20
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La Ferme  1920 (photo perso)

photo perso 

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le Carnaval d'Arlequin 1924-25 (photo perso)

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Aidez l'Espagne (photo Moma)

 Bleu I photo Le Parisien