mémoires David Niven
mémoires David Niven
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Résumé

S'il fallait décerner un prix d'élégance aux acteurs, alors David Niven recueillerait tous les suffrages. Rarement le complet rayé et le trait de moustache auront été si bien portés à Hollywood, et l'on ne s'étonnera pas que Ian Fleming pût l'imaginer dans le rôle de James Bond. Est-il annoncé au casting d'un film qu'on s'attend à le voir dîner en chemise à plastron, nœud papillon et slippers aux pieds ; avec lui, on pressent surtout les dialogues ironiques et toute la panoplie de l'humour « So british » – ce tranchant de l'intelligence. Mais avant la célébrité, Niven aura connu une véritable vie d'aventures. Renvoyé pour indiscipline de plusieurs écoles britanniques, insolent à l'armée, mis aux arrêts pour insubordination, il se gagne la sympathie du geôlier en partageant une bouteille de whisky puis s'échappe par la fenêtre. On le retrouve quelques mois plus tard aux États-Unis, versé dans le plagiat littéraire, le commerce de spiritueux, la danse professionnelle et même la course de poneys, avant que le destin se ressaisisse et le pousse vers les caméras des grands studios. Ainsi débute une carrière de près de cent films avec, très vite, des rôles principaux. Niven révèle surtout une disposition pour les comédies romantiques où sa souriante désinvolture fait merveille ; il rencontre ensuite le succès international, d'abord grâce à son rôle de Phileas Fogg dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Michael Anderson (1956), puis avec Les Canons de Navarone (1961) de John Lee Thompson et Les Cinquante-Cinq Jours de Pékin (1963) de Nicholas Ray. Parus et traduits en deux volumes dans les années 1970, introuvables en français depuis, ses souvenirs sont ici republiés pour la première fois. Tout refroidit vite, la gloire d'un acteur en particulier. Mais que l'on se rassure dans les librairies : peu de choses sont aussi vivantes qu'une page écrite par David Niven.
 

Mon Commentaire

Le livre des ‘Mémoires’ du plus stylé des acteurs anglo-français, j’ai nommé le grand David Niven surprendra probablement un bon nombre de ses lecteurs. D’abord, parce que dans le premier des deux livres (publié initialement en 1971) intitulé ‘Décrocher la lune’, il nous explique par quels concours de circonstances il s’est retrouvé à commencer à faire de la figuration à Hollywood, dans les années 1930… Car il est bien clair que rien ne prédestinait David Niven à une telle carrière, tant son tempérament taquin et son esprit d’indépendance l’ont d’abord nui et contraint à être mis en pension, puis envoyé dans des institutions où la vie quotidienne était pour le moins rude. A côté de ces mauvais traitements, l’engagement de David Niven dans l’armée ne sera pas si terrible que cela en comparaison ! L’acteur nous conte avec humour mais également une belle transparence et beaucoup de sensibilité les différentes étapes de sa vie professionnelle, mais aussi intimement personnelles. La narration se fait clairement sur le mode temporel, ses rôles au cinéma prenant petit à petit de la consistance, souvent grâce à une certaine indépendance de pensée mais aussi à une honnêteté comportementale affichée.

Le deuxième livre, intitulé ‘étoiles filantes’ (paru initialement en 1977) aborde quant à lui de façon transverse la vie à Hollywood, qu’il s’agisse de celle des patrons des grands studios, comme celle des actrices et acteurs, des réalisateurs, des metteurs en scène mais aussi des écrivains et scénaristes, sans oublier de nous faire part de l’état d’esprit des critiques ou des journalistes qui étaient en charge de publier le plus de détails croustillants sur le microcosme au sein de journaux ou tabloïds rivaux. Cette partie est constituée d’une succession d’anecdotes souvent très drôles – mais parfois dramatiques, surtout quand David Niven rapporte qu’à Hollywood, le stress a minima, mais surtout l’alcoolisme et les tentatives de suicide s’avéraient des situations plus que communes… Un milieu où l’argent coulait à flots pour certains, pendant que d’autres, comme les figurants situés en bas de l’échelle du spectre cinématographique, peinaient à s’alimenter correctement en courant les castings. Un portrait pas très enthousiasmant de ce monde qui est malgré tout connu pour son côté glamour. Cette partie néanmoins parfois s’avère un peu lassante, car avec du recul (historique), un certain nombre des personnages évoqués ne suscite pas de souvenir précis … Du coup, on éprouve quelques difficultés à atteindre la fin de l’ouvrage, puisque les deux livres bout à bout pèsent pas loin de 1000 pages ! On est en revanche ravi de retrouver Davis Niven en photos lors de tournages qui émaillent l’ouvrage…Mais David Niven sans conteste aura participé à une belle analyse du milieu cinématographique et nous livre avec ses Mémoires un ouvrage original, probablement la meilleure bible pour comprendre le monde étrange et fascinant de Hollywood.

Ma note : 15/20
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photo UniFrance.org