Acteurs

Shaïn Boumedine

Ophélie Tau

Salim Kechiouche

Lou Luttiau

Hafsia Hersi

Alexia Chardard

Synopsis

Sète, 1994. Amin, apprenti scénariste installé à Paris, retourne un été dans sa ville natale, pour retrouver famille et amis d’enfance. Accompagné de son cousin Tony et de sa meilleure amie Ophélie, Amin passe son temps entre le restaurant de spécialités tunisiennes tenu par ses parents, les bars de quartier, et la plage fréquentée par les filles en vacances. Fasciné par les nombreuses figures féminines qui l’entourent, Amin reste en retrait et contemple ces sirènes de l’été, contrairement à son cousin qui se jette dans l’ivresse des corps. Mais quand vient le temps d’aimer, seul le destin - le mektoub - peut décider.

Mon commentaire

Sète, été 1994. Amin (Shaïn Boumedine) est de retour pour les vacances, très heureux de retrouver tous ses amis habituels. Il a besoin de faire une parenthèse après ses études à Paris, désirant se consacrer à l’écriture de scénario et à la de photo artistique. À son arrivée, il découvre par hasard son séducteur de cousin Tony (Salim Kechiouche) en pleine phase d’ébats amoureux avec son amie la superbe et plantureuse Ophélie (Ophélie Bau), qui travaille à la bergerie de ses parents, mais qui pourtant est promise à un marin militaire actuellement en mission au Moyen Orient.

Le retour à Sète, c’est aussi pour Amin les retrouvailles avec sa grande famille d’origine tunisienne, mais aussi la rencontre de touristes, dont Charlotte (Alexia Chardard) et Céline (Lou Luttiau), deux jeunes Niçoises qui ont décidé de profiter à fond de leur vacances ...Le petit groupe va partager son temps entre baignades, bars et discothèques, alternant flirts sans lendemain mais aussi de profonds bleus au cœur.

Après  le succès de « la vie d’Adèle, chapitres 1 et 2 », pour son nouveau film, Abdellatif Kechiche se propose de nous emmener en vacances dans une super atmosphère ensoleillée où jeunesse, beauté, légèreté et innocence se combinent dans un camaïeu pendant près de trois heures. Mais il ne s’agit pas uniquement de la description d’une banale chronique estivale. C’est vrai qu’Ici, le quotidien est simple et sans histoire, tout le monde cohabite dans une bonne humeur collective, sans distinction d’origine sociale ni matérielle. Même si Kechiche filme avec beaucoup de talent la beauté de tous ces hommes et de ces jeunes femmes qui n’ont guère de souci ni de complexes, son idée centrale est  de nous amener vers la découverte de la naissance d’une ou plusieurs histoires d’amour...comme si tout cela était déjà écrit (d’où le mot Mektoub !)

Même s’il est à l’aise dans ce contexte, Amin, le personnage central, paraît néanmoins le seul à rester étrangement en marge de ce monde où règnent le badinage et une effervescence permanente : il préfère quant à lui regarder cet univers avec un certain recul, en intercalant entre eux et lui la lentille de son appareil photo ... Malgré son charme indéniable qui fait tomber les jeunes filles, on ne peut s’empêcher de se demander s’il est réellement à sa place dans ce monde. La personnalité d’Amin ne serait elle pas simplement la pure projection de Kechiche, timide photographe un peu gauche ( et le metteur en scène d’aujourd’hui) plus porté à regarder la naissance du bonheur et de la vie derrière son appareil photo (ou derrière sa caméra)… On comprend alors mieux la patience incroyable d’Amin, attiré par la possibilité de photographier en live un agnelage, scène qui parait pourtant anachronique, mais en même temps transmet une étrange et vive émotion.

« Mektoub my love » nous livre la vue sur un véritable tableau vivant, écrasé par le soleil et baigné de couleurs chaudes avec pour toile fond la Méditerranée et pour écrin musical le chant des cigales la journée et en nocturne les grands tubes des années 80-90 diffusé dans les discothèques... Mais le film redonne aussi le goût de partager sans façon entre famille et amis des choses simples, authentiques et savoureuses.  C’est de plus le retour sur une certaine innocence vécue par la jeunesse lors des derniers mois de l’ère du Président Mitterrand, peu de temps avant que ne débutent les attentats qui ont ensanglanté la France et  ont entraîné forcément un repli sur soi...

Petit bémol tout de même à formuler à propos du film, concernant la façon très caractéristique dont Abdellatif Kechiche filme - certes avec talent - toutes ces jeunes femmes.  Ce parti pris par le metteur en scène est susceptible de ne pas être du tout en accord avec ce que la profession défend en matière de respect de l’image des femmes, ce qui forcément pourrait créer certains remous ou des contestations qu’on peut comprendre…

En dehors de ce dernier aspect très important qui mériterait réflexion et débat, n’hésitez pas à partir en vacances aux côtés d’Amin pendant ces presque trois heures, en attendant de découvrir la suite de l’histoire avec « Mektoub 2 » qui pourrait être présenté au prochain festival de Cannes..

.

Ma note : 16/20