Acteurs :

Gabriel d’Almeida Freitas

Xavier Dolan

Anne Dorval

Pier Luc Funk

Samuel Gauthier

Adib Alkhalidey

Micheline Bernard

Synopsis

Deux amis d’enfance s’embrassent pour les besoins d’un court métrage amateur. Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences.

Mon Commentaire

Maxime (Xavier Dolan) et Matthias (Gabriel d’Almeida Freitas) sont potes depuis longtemps. À l’occasion du tournage d’un court métrage amateur d’une de leurs amies, ils sont amenés à échanger devant la caméra un baiser passionné. Si Maxime assume franchement son attirance pour Matthias, l’inverse n’est pas simple, d’autant que Matthias a une petite copine. Par conséquent il n’assume guère, pris entre son travail de jeune avocat et le carcan de la famille, pensant de surcroît que le court métrage ne serait jamais montré aux membres de sa famille...Pour couronner le tout, Maxime envisage de quitter Montréal pour deux ans pour partir vivre et travailler en Australie…

C’est donc le retour de Xavier Dolan devant et derrière la caméra, avec la volonté d’un film simple, diamétralement à l’opposé de son précédent film controversé « Ma vie avec John F Donovan » accueilli très fraîchement par la critique et même interdit aux Etats Unis. Le film 100% québécois est construit sur un compte à rebours sur ce qui potentiellement aboutira à une véritable séparation de Maxime avec les siens…

On retrouve ici les thématiques chères à Xavier Dolan sont toujours plus que présentes, d’abord dans la personnalité de Maxime, jeune homme très introverti, affublé cette fois d’une terrible tache de vin sur le visage, qui cache bon nombre de blessures profondes ; mais aussi par la présence de sa mère dépressive (Anne Dorval), agressive voire violente avec laquelle aucun échange constructif n’est possible, puisque c’est Maxime qui en assume le tutorat. C’est un film sur le droit d’aimer en liberté et sur la nécessaire fin des tabous.

Malheureusement, ce film tourné en joual, (patois québécois – heureusement sous-titré pour être compréhensible) - ne convainc pas tout à fait. Même si l’interprétation est de qualité, la tendresse des sentiments reste trop en retrait pour souvent finir par exploser dans une violence certaine et finalement ne parvient pas vraiment à toucher le spectateur.

Ce huitième opus qui permet à Xavier Dolan un retour sur la période de ses vingt ans est à la fois sensible mais brouillon, un peu à la manière d’un premier film. On se demande désormais ce qui pourrait lui permettre de sortir de ces sentiers un peu trop battus, ce qui lui permettrait de retrouver l’engouement et la ferveur du public.

Ma note :   13/20
Matthias et Maxime