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Acteurs :

Luca Marinelli

Jessica Cressy

Carlo Cecchi

Vincenzo Nemolato

Denise Sardisco

Marco Leonardi

Synopsis

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines.

Mon Commentaire

Le réalisateur italien Pietro Marcello et son scénariste Maurizio Braucci adaptent ici le roman éponyme de Jack London, paru en 1909. Mais en lieu et place des Etats Unis, ils ont choisi de transposer l’histoire de Martin Eden en Italie, dans la région de Naples, certes durant une période difficilement identifiable mais qu’on pourrait imaginer autour des années 50-60? Ils nous relatent donc l’histoire de Martin Eden (Luca Marinelli), un jeune marin prolétaire qui n’a pas eu la chance de suivre des études, mais qui par amour pour Elena (Jessica Cressy), qui appartient au monde de la bourgeoisie, monde qu’il ignore et que tout oppose au sien, va se lancer dans l’apprentissage de la philosophie, de la littérature et de la poésie, bref pour tenter d’acquérir une certaine culture.

« Martin Eden » est le roman d'un autodidacte, qui se découvre une soif inétanchable d’apprendre, exacerbée par une société en pleine effervescence politique. Mais paradoxalement, le simple fait de se hisser au niveau des classes sociales les plus élevées grâce à son amour le rend à la fois persona non grata parmi celles-ci qui n’éprouvent qu’un pur mépris vis-à-vis de lui, mais surtout le transforme aussi en paria vis-à-vis des classes sociales dont il provient… En effet, le prolétariat de cette époque a bénéficié parallèlement de mouvements d’instruction de masse, notamment du point de vue politique.

Dans le scénario, le récit débute par les derniers jours de la vie de Martin Eden , puis grâce à une narration par ellipses et flashbacks, sont reconstituées les différentes étapes de sa vie jusqu’à ce qu’il rencontre le succès.

S’il est indéniable que le film tient d’une part beaucoup à l’interprétation de Luca Marinelli dans le rôle de Martin Eden (qui a raflé le Prix d’interprétation masculine à la dernière Mostra de Venise, au nez et à la barbe de Joaquin Phoenix, qui était favori pour « Joker »), mais également à la sobriété du jeu d’Elena -alias Jessica Cressy-, ainsi qu’au choix d’avoir intégré des images d’époque - probablement de l’histoire pré-fasciste- tout au long du récit, en revanche,  le film pêche par sa longueur avec un démarrage très lent,  mais surtout par ses dialogues trop écrits, donnant par moment une sensation de confusion et manquant parfois de crédibilité. Cela nuit au rythme du film qui aurait certainement gagné en qualité et en authenticité avec un peu plus de spontanéité, qui aurait mieux collé avec le tempérament fait de violence naturelle et de brutalité contenue de Luca Marinelli.

Ma note :   13/20