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 en streaming sur Netflix

Acteurs 

Gary Oldman

Amanda Seyfried

Lily Collins

Tom Pelphrey

Arliss Howard

Tuppence Middleton

Charles Dance

Tom Burke

Monika Gossmann

Synopsis

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Dans ce film qui jette un point de vue caustique sur le Hollywood des années 30, le scénariste Herman J. Mankiewicz, alcoolique invétéré au regard acerbe, tente de boucler à temps le script de Citizen Kane d’Orson Welles. 

Mon commentaire

Tous les amateurs de cinéma connaissent sans aucun doute ‘Citizen Kane’, le chef d’œuvre d’Orson Welles (Tom Burke), récompensé notamment par un Oscar en 1942. Cependant, en revanche, le nom de l’auteur du scénario, Herman J. Mankiewicz, dit ‘Mank’ (Gary Oldman) vous est moins familier, alors qu’il a été un des plus grands auteurs des films hollywoodiens des années 30. Son problème ? Essentiellement son ‘sale’ caractère, provocateur, joueur et parieur addictif, mais aussi et surtout son goût prononcé de longue date pour l’alcool à forte dose et les soirées de beuverie. Difficile dans ces cas-là d’être soutenu par les magnats des grands studios hollywoodiens, au premier rang duquel figure Louis B. Mayer, à la tête de la toute puissante MGM, dont il se fera un ennemi, ce qui le forcera à se tourner vers les studios indépendants tel RKO…

‘Mank’ est donc le récit de l’écriture de ce super scénario, commandité par le tout jeune mais impulsif et déjà célèbre Orson Welles, âgé de 24 ans. Mank se voit accorder uniquement un délai de 60 jours pour écrire un scénario original, bien court, alors qu’il est retiré dans une maison isolée loin des studios avec une jambe cassée suite à un accident de voiture…Autour de lui, il n’y a guère que Rita Alexander (Lily Collins), la secrétaire à qui Mank dicte ses idées et Fräulein Freda (Monika Gossmann) curieuse ‘infirmière’ allemande aux allures de garde chiourme…

Tourné intégralement en noir et blanc, ‘Mank’, même s’il s’agit d’un film du XXIème siècle, possède toutes les caractéristiques d’un film d’avant-guerre, puisque dès le générique, on a l’impression d’être propulsé à l’époque d’’Autant en emporte le vent’. Le réalisateur David Fincher (‘Alien 3’, ‘Seven’, ‘Zodiac’, ‘House of cards’1&2, Gone Girl sont entre autres à mettre à son crédit…) s’en donne à cœur joie en nous faisant découvrir le cœur des studios d’Hollywood dans les années 30, grâce à des scènes multiples de flashbacks qui alternent avec le suivi de l’écriture du script commandé. Ainsi, on plonge littéralement dans les tréfonds des arrangements entre studios et artistes, mais on découvre combien la Californie et cette nouvelle industrie du cinéma étaient tentantes pour de nombreuses familles de la Côte Est, ruinées après la grande dépression de 1929 et qui pensaient y trouver un eldorado salvateur. Durant ces flashbacks on a bien sûr l’occasion de retrouver ‘Mank’, ses amis, ses relations et même sa femme Sara, qui bien qu’échaudée par le caractère de son mari puisqu’elle aura la charge d’élever seule sur la Côte est leurs enfants, ne le quittera jamais. C’est également l’occasion de suivre la soirée d’élection présidentielle de 1934, lors de laquelle Mank prendra fait et cause pour le candidat démocrate, soutenant tous les ‘nouveaux pauvres’, à la table de Louis Mayer, fervent supporter du candidat républicain…

Alors, ‘Mank’ est-il une totale réussite ? Pas tout à fait … Sur un scénario écrit par son père, David Fincher réalise un film plastiquement super léché et de ce point remplit totalement son objectif. Par contre, il manque quelque chose, un grain de folie pour rendre le film vraiment passionnant, aucun des personnages mis en scène ne suscitant de sympathie voire même simplement d’empathie. Sans compter que les dialogues pléthoriques finissent aussi par peser, d’autant que le film passe allégrement le cap des deux heures. L’autre élément un peu gênant est le choix de Gary Oldman (62 ans) pour incarner Mank dans les années 30 et 40, alors que celui-ci était âgé d’une trentaine d’années…

Néanmoins, ‘Mank’, qui sort donc paradoxalement sur la plateforme Netflix est de façon une ode incongrue au cinéma et aux salles obscures… Rien que pour cela, le film vaut le détour.

Ma note :  14/20