Acteurs 

Rikita Shimu

Novera Rahman

Deepanita Martin

Parvin Paru

Mostafa Monwar

Synopsis

Shimu, 23 ans, travaille dans une usine textile à Dacca, au Bangladesh. Face à des conditions de travail de plus en plus dures, elle décide avec ses collègues de monter un syndicat, malgré les menaces de la direction et le désaccord de son mari. Ensemble, elles iront jusqu’au bout.

Mon commentaire

Dacca, de nos jours. Un atelier de couture comme il en existe des centaines au Bengladesh, nouveau pays de prédilection pour la fabrication des vêtements des grandes enseignes occidentales de vêtements. Ici règnent le bruit, la chaleur, la promiscuité, la discipline, l’obligation de rendement, bref des conditions de travail de plus en plus difficiles pour des salaires de misère.

On fait la connaissance de Shimu (Rikita Shimu) 23 ans, mariée à Sohel (Mostafa Monwar), puis ses amies et collègues dont Daliya (Novera Rahman) qui rêve de lendemains qui chantent, ou encore Tania (Mayabi Maya) ou Maya (Parvin Paru), toutes couturières ou repasseuses. Elles se plaignent de leur sort mais craignent tout changement d’autant qu’un incendie dû à la vétusté des lieux se déclare dans l’atelier, les contraignant au chômage technique.

Shimu est alors appréhendée par une journaliste féministe, Reshma (Deepanita Martin), qui va tenter de la convaincre de réagir face à la situation, en l’informant de l’existence de lois sur le droit des femmes au travail, et l’inciter à créer un syndicat avec l’appui de ses collègues et amies…

En suivant le parcours de Shimu dans ses prérogatives, on ne fait que constater l’ampleur du chemin à parcourir pour qu’une femme bénéficie des mêmes droits que les hommes en termes de travail et en termes de revenus. Inutile de dire que cette société patriarcale où les hommes semblent parfois vivre aux crochets de leur femme n’a rien d’une sinécure, puisque les mêmes faits donnent les mêmes résultats jusqu’au plus haut niveau de la société.

Si l’histoire de toutes ces femmes courageuses est intéressante à comprendre et à suivre, en revanche, le film pêche par son côté extrêmement académique et son manque de ressort, tant on a parfois plus l’impression d’assister davantage à un simple reportage qu’au déroulement d’une véritable histoire. Il y a bien quelques efforts de fournis par la réalisatrice pour au moins retranscrire en images un côté coloré à cet atelier, mais c’est bien peu !

En revanche, le film a le mérite de réveiller les neurones des consommateurs que nous sommes tous en acquérant des tee-shirts ou autres vêtements made in Bangladesh. Et puis de prouver qu’il ne suffit malheureusement pas de vouloir tout bouleverser de ce système du jour au lendemain pour y parvenir. Shimu se verra tour à tour confrontée à l’opposition formelle de son mari, aux craintes de ses amies qui ne veulent pas prendre le risque de ne plus trouver de travail ou encore aux blocages de la direction de l’entreprise, prête à tout pour stopper Shimu dans ses élans. Le mode de pensée des femmes au Bengladesh semble somme toute assez simple lorsqu’elles constatent : « De toute façon, quand on est femme, qu’on soit mariée ou non, on est fichue ». Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour toutes ces femmes dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde.

Ma note :  12/20