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Acteurs 

Kit Harington

Jacob Tremblay

Susan Sarandon

Nathalie Portman

Kathy Bates

Chris Zylka

Thandie Newton

Synopsis

Dix ans après la mort d’une vedette de la télévision américaine, un jeune acteur se remémore la correspondance jadis entretenue avec cet homme, de même que l’impact que ces lettres ont eu sur leurs vies respectives.

Mon commentaire

Le prolixe réalisateur canadien Xavier Dolan est de retour avec son huitième film (en 10 ans), cette fois une production en langue anglaise.

S’agit-il d’un film inspiré par de sa propre expérience, alors qu’on sait que tout jeune, Dolan avait été subjugué par la prestation de Léonardo di Caprio, à qui il avait écrit alors que ce dernier n’était encore que l’acteur fétiche d’une série télé en vogue ? Ou bien d’une vraie fiction, puisque le film traite de la vie de deux personnes, d’un côté Rupert Turner (Jacob Tremblay) un enfant plutôt surdoué mais terriblement seul, âgé de 11 ans et de celle de John F.Donovan (Kit Harrington) un acteur-star du petit écran, qui ont entretenu pendant plusieurs années des relations épistolaires à l’insu du monde entier ?

Quoi qu’il en soit, le film raconte, dix ans après la disparition de cette vedette de télévision, les confessions de Rupert Turner adulte (Ben Schnetzer) à Audrey Newhouse, une journaliste dubitative (Thandie Newton). On découvre avec elle les points de rapprochement de deux êtres d’une grande sensibilité et d’une grande solitude, qui ont échangé secrètement des lettres pour fuir leur quotidien, avec la difficulté pour chacun d’entre eux d’affirmer leur homosexualité. Jusqu’au jour où l’existence de ces lettres a fuité…

Comme souvent dans les films de Xavier Dolan, on assiste à des réflexions sur les rapports mère-fils - qu’on lui devine avoir eus très compliqués- qui reflètent une carence terrible en termes de respect, d’écoute et de tendresse, sur la notoriété et l’identité, mais aussi sur l’existence et la mort. Les échanges entre Rupert enfant et sa mère Sam Turner (Nathalie Portman), comédienne elle aussi déracinée à Londres, sont pour le moins éloquent : elle est passée à côté de sa vie et ne peut se résoudre à accepter que son fils existe à part entière et peut lui-même être inspiré par la scène. Du côté de John F.Donovan, ce n’est guère mieux : le fait d’avoir acquis une célébrité publique certaine ne l’exempte en aucun cas des remontrances d’une mère possessive, exigeante et passablement alcoolique (Susan Sarandon).

Dans le parcours de ces êtres écorchés vifs, les écueils ne manquent pas, mais il existe néanmoins des oreilles attentives et des personnes prêtes à reconnaître leur différence pour leur redonner confiance.

Si ce nouveau film de Xavier Dolan peut paraître un peu long, en revanche, il s’agit sûrement d’une de ses réalisations les plus profondes et les plus abouties. Ce scénario co-écrit avec son ami Jacob Tierney est d’une grande originalité et le film suscite beaucoup d’émotions, d’autant que la distribution est en excellente. Cerise sur le gâteau, la bande originale du film est comment pour chacun des films de Dolan de première catégorie et nous donne l’occasion de redécouvrir un certain nombre de tubes des années 1990-2000.

Ma note : 16/20