Acteurs 

Benoit Magimel

Mya Bollaers

Els Deceukelier

Sami Outalbali

Jérémie Zagba

Delphine Bibet

Synopsis

Alors que Lola, jeune fille transgenre de 18 ans, apprend qu’elle va enfin pouvoir se faire opérer, sa mère, qui devait la soutenir financièrement, décède. Afin de respecter ses dernières volontés, Lola et son père, qui ne se sont pas vus depuis deux ans et que tout oppose, sont obligés de se rendre jusqu’à la côte belge. En chemin, ils réaliseront que l’issue du voyage n’est peut-être pas celle à laquelle ils s’attendaient…

Mon commentaire

Après le très touchant « Girl » de 2018, déjà réalisé par le cinéaste belge Lukas Dhont, c’est au tour de Laurent Micheli, un autre jeune cinéaste belge de s’attaquer pour son premier film au thème de la transsexualité. Mais autant dans « Girl », le changement de sexe souhaité bénéficiait du soutien affectif et matériel des parents, autant ici Lola (Mya Bollaers) est une jeune femme transgenre écorchée vive qui a dû quitter la maison familiale pour rejoindre un foyer et commencer à se construire une nouvelle personnalité.

C’est en fait la disparition soudaine de sa mère qui va faire que Lola va se retrouver confronté à son père Philippe (Benoît Magimel), un personnage brut de décoffrage à l’esprit plutôt étriqué. Il est certes dévasté par le décès de son épouse mais n’est pas prêt à se rapprocher de cet enfant qu’il a rejeté depuis longtemps et dont il n’a pas su comprendre le mal-être, alors que sa défunte épouse avait fait la démarche inverse et s’était engagée à soutenir son enfant et même à financer son opération, qui de facto est devenue imminente.

Pourtant, c’est autour de l’ultime voyage destiné à la dispersion des cendres de l’épouse et de la mère que père et fille en devenir vont se découvrir un peu mieux malgré des situations plus que houleuses et commencer à se comprendre.

« Lola vers la mer » est une nouvelle preuve que dans le domaine de la transsexualité, les sentiments de rejet et d’incompréhension peuvent souvent prédominer. Dans le film d’ailleurs une question très juste est posée : est-ce que le choix de devenir transgenre émane d’un profond égoïsme de l’enfant en mal-être, ou bien à l’inverse, est-ce par égoïsme que des parents se refusent à admettre que leur enfant puisse vouloir changer de sexe ? Une chose est certaine, c’est souvent la peur et l’incompréhension qui prédominent chez les parents, sentiments doublés d’une profonde interrogation introspective sur leur responsabilité

En tout cas, la débutante Mya Bollaers et le mature mais blessé Benoît Magimel nous livrent un beau road-movie sans clichés et sans pathos, mais durant lequel l’émotion affleure en permanence.

Ma note :  14/20