L'Octopus et moi
L'Octopus et moi
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Résumé

C'est l'histoire d'une pieuvre qui cherche à rejoindre l'Océan Pacifique pour y pondre ses œufs. Mais pour y parvenir, elle doit traverser un bras de terre, quitter son élément, croiser une route. C'est l'histoire d'une femme qui a vécu de terribles épreuves et ne sait plus très bien qui elle est, ni ce qui a de l'importance à ses yeux. Une nuit, leurs chemins se croisent et pour la femme, tout bascule. Au cœur des paysages rudes et magiques de Tasmanie, s'écrit alors une histoire de reconquête et de rencontres, de choix et d'idéaux.
Avec ce premier roman, Erin Hortle nous parle des échos de la vie sauvage sur notre vie humaine, dessinant avec énergie et malice le destin d'une femme qui trouve en regardant l'océan la réponse à ses questions et le chemin d'une vie nouvelle.

Mon Commentaire

Pour son premier roman ‘l’Octopus et Moi’, la romancière Erin Hortle nous emmène en Tasmanie…Le personnage présenté d’entrée de jeu est un peu surprenant : il s’agit d’une pieuvre femelle, dont le but est de rejoindre l’Océan Pacifique pour y pondre ses œufs et assurer sa descendance… Mais, pour y parvenir, elle doit traverser un petit bras de terre, quitter l’eau et surtout croiser…une route ! Voilà pour ‘l’Octopus’…L’autre personnage du titre, ’Moi’ c’est Lucy, une jeune femme dans la fleur de l’âge tout juste remise d’une terrible maladie, et qui ne sait plus bien qui elle est, ni ce à quoi elle aspire désormais. Le croisement de son parcours avec celui de la pieuvre va littéralement bouleverser son existence, au point de l’emmener à prendre des décisions jamais imaginées auparavant, dans ses activités, ses rencontres et ses idéaux…

Le décor de cette si sauvage province insulaire d’Australie sert bien sûr d’écrin à ce roman plutôt original. Ainsi, le lecteur est amené à découvrir la faune, la flore et le rythme de vie des autochtones, dont les activités tournent beaucoup autour de la mer : pêche en rivière et en mer, sports nautiques, et présence du tourisme bien sûr. Il faut rappeler que cette île du bout du monde est le dernier relais avant l’Antarctique. Mais ‘L’octopus et moi’ n’est pas qu’un roman léger de villégiature…C’est surtout l’histoire de la souffrance psychologique d’une jeune femme qui a subi une mastectomie transformant sa physionomie et qui a du mal à reprendre le cours de sa vie, d’autant qu’il est compliqué pour elle de partager ses doutes et ses aspirations. Dans ce premier roman, on trouve beaucoup d’éléments concernant la compréhension du statut de la femme créatrice de vie, et on perçoit au fil des pages beaucoup de sensibilité et de besoin d’attention, et sa volonté de se rapprocher simplement de la nature…Si toute cette partie est touchante, on accroche en revanche nettement moins aux digressions faites sur la vie des phoques, ou sur la tradition de piller les nids d’oiseaux migrateurs. Malgré quelques remarques de qualité sur la nécessité de la protection de la faune et de l’environnement, ainsi que l’urgence de prendre des mesures pour contrer autant que possible le réchauffement climatique, on a l’impression parfois de tourner en rond…

Lucy constitue néanmoins un personnage particulièrement attachant, dont la psychologie allie fragilité et audace, générosité intérieure, besoin de compréhension et d’amour. Ces passages-là sont particulièrement réussis et souvent très touchants, et ces analyses bien senties constituent le véritable intérêt de ce premier roman.

Ma note : 13/20
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Photo babelio.com