vu en avant première- sortie le 6 mai 2020

Acteurs 

Casey Affleck

Elisabeth Moss

Anna Pniowsky

Synopsis

Depuis qu'une pandémie a rayé la population féminine de la carte, Tom tache de protéger Rag sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais Tom le sait, son plus grand défi est ailleurs : alors que tout s'effondre, comment maintenir l'illusion d'un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

Mon commentaire

« Light of my life » ; la nouvelle réalisation de Casey Affleck, n’est certainement pas un film comme les autres. Car il ne s’agit ici pas d’un simple film dramatique comme on en a déjà vu (on pense bien sûr à ‘The Road’ de John Hillcoat , en 2009 , avec Viggo Mortensen), dans lequel un père, Tom (Casey Affleck) et son enfant, Rag (Anna Pniowsky) fuient la civilisation juste pour oser un retour à la nature., Il s’agit en fait d’un véritable film d’anticipation qui aborde pleinement les valeurs de la vie, en l’occurrence celle de Rag, une petite fille miraculeusement épargnée par une pandémie qui a pratiquement rayé la population féminine de la surface du globe. Tom la fait donc passer pour un garçon, avec l’idée de la préserver tant que possible des instincts primaires de la gente masculine, en lui inculquant tout un ensemble de principes, faits de discipline permanente et de méfiance, combinées à l’essentiel instinct de survie. Mais malgré toutes les précautions d’usage, vivre exclusivement dans la nature et à l’écart de toute forme de civilisation n’est pas chose simple, surtout lorsqu’on n’a pas 10 ans et que le monde entier s’éveille à vous.

Tourné vraisemblablement dans des conditions assez difficiles, le film accroche par son aspect assez terne qui reconstitue une atmosphère souvent mystérieuse. D’ailleurs, l’action se situe entre l’automne et l’hiver et forcément, à cette époque-là, la nature n’est pas des plus luxuriantes ni accueillantes. Pourtant, on a envie que le couple formé par cet enfant ballotté et ce père à la fois meurtri par le décès de sa femme mais attentionné et aimant parvienne à ses fins à tout prix : atteindre un lieu où il pourra enfin se poser pour essayer de reprendre une vie plus ‘normale’.

Ce qui est malin dans cette histoire, c’est la mise en scène originale qui fait ressortir une impression d’insécurité permanente qui plane autour du couple père-fille sans que jamais ne soit vu ni le moindre danger imminent de contamination ni le moindre détail montrant un état post-apocalyptique. Les seuls signes dont on dispose sont les preuves que des habitations ont été évacuées rapidement, sans aucun effet visible supplémentaire dans l’environnement.

Casey Affleck parvient à réaliser un film passionnant où la routine qui semble s’installer parfois n’est qu’éphémère, où l’on ne se pose pas la question du pourquoi du drame d’origine, et où sont évoquées ponctuellement lors d’échanges verbaux des solutions qui pourraient être mises en place pour pallier le drame engendré par la pandémie. Et pourtant, le sentiment qui prédomine c’est la volonté de vivre envers et contre tout et l’importance de vouloir préserver à tout prix l’amour et la paix …Père et fille jouent au cordeau et sont parfaitement crédibles dans ce drame d’anticipation qui doit alerter nos sens. Une belle surprise.

 

Projeté en avant-première au sein du « 9ème Festival International Inspirant » en compétition ; le film a été sélectionné comme les autres films pour les valeurs qu’il défend, selon les objectifs de Développement Durable (ODD) qui servent de base pour la sélection des œuvres projetées.

Ma note :  17/20