Résumé

Justine, vingt et un ans, vit chez ses grands-parents avec son cousin Jules depuis la mort de leurs parents respectifs dans un accident. Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite, et aime par-dessus tout les personnes âgées. Notamment Hélène, centenaire, qui a toujours rêvé d'apprendre à lire. Les deux femmes se lient d’amitié, s'écoutent, se révèlent l'une à l'autre. Grâce à la résidente, Justine va peu à peu affronter les secrets de sa propre histoire. Un jour, un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et fait une terrible révélation.
À la fois drôle et mélancolique, un roman d'amours passées, présentes, inavouées... éblouissantes.

Mon Commentaire

Vous ne connaissiez pas forcément Valérie Perrin, Eh bien ,moi non plus avant d’ouvrir ce livre, mais j’ai découvert qu’elle était l’épouse de Claude Lelouch, avec lequel elle a co-écrit différents scénarii, dont celui de « Chacun sa vie » en 2017, ou encore « Un plus une » en 2015.

C’est également cette année-là précisément qu’elle a rédigé son premier roman « les oubliés du dimanche ». Elle y raconte une histoire à première vue banale, celle de Justine, une jeune femme de tout juste 21 ans, qui travaille comme aide -soignante au sein d’une maison de retraite, ‘les Hortensias’, situé dans un petit bourg de l’est de la France profonde. Cette activité constitue pour Justine une réelle vocation, car elle adore passer du temps avec les pensionnaires et s’est particulièrement attachée à Hélène, une presque centenaire à qui elle fait la lecture à chaque visite, au point qu’une amitié profonde s’est créée entre elles. Hélène par bribes lui raconte ses souvenirs ; Justine de son côté grâce à ces confidences va pouvoir enfin analyser sa vie et s’interroger sur les véritables raisons de la disparition de ses parents, alors qu’elle a été élevée par ses grands-parents avec son cousin Jules, dont les parents sont décédés dans le même accident de voiture…

Un jour, de plus, se manifeste un mystérieux « corbeau » , qui sème le trouble parmi les pensionnaires et les membres de leurs familles. Compte tenu des révélations faites, la tension monte au sein de l’établissement, forçant Justine et ses collègues à aider les autorités locales dans leur enquête.

Bien que situé dans un milieu pas forcément très riant, ce roman hétéroclite se lit un peu à la manière d’un polar qu’on a du mal à laisser de côté même quelques heures. Ici se croisent le destin de plusieurs familles : d’abord, celle de cette vieille dame pleine de charme, Hélène, qui aime se confier à Justine et va lui révéler quelques secrets bien enfouis, puis celle de Justine elle-même qui ose enfin percer des secrets et poser à sa famille les questions qu’elle s’était toujours refusée à poser, puis celles des familles ciblées par le mystérieux corbeau ou celles des pensionnaires dont la mémoire vacille souvent, leurs rêves se mélangeant aux souvenirs.

Tout cela se fait avec souvent beaucoup d’humour mais aussi une belle poésie et beaucoup de tendresse. Certes, le style très fluide parait parfois un peu trop facile – mais peut-être est-ce voulu pour refléter le mode de pensée de tous ces personnages dont les origines semblent bien modestes, acteurs de ces histoires ancrées dans la profondeur de cette province de Bourgogne Franche Comté ?Il est certain que l’auteure est bien familière de l’ambiance qui règne là-bas, elle-même étant native de Gueugnon, en Saône et Loire ; ainsi, elle reconstitue avec une belle efficacité l’environnement et les accents locaux.

« Les oubliés du dimanche », c’est aussi un peu un roman d’histoire à l’intérieur d’un roman plus vaste. On y découvre l’histoire de héros anonymes au courage et la générosité énormes, comme il en a existé beaucoup, mais qui n’ont jamais bénéficié d’une véritable reconnaissance officielle. C’est aussi un bel hommage rendu par la romancière à ces métiers parfois très rébarbatifs mais que certains jeunes adoptent comme une vocation.

Malgré quelques passages durant lesquels on ne sait plus trop quelle histoire on suit, « les oubliés du dimanche » constitue un roman de toute première qualité, car Valérie Perrin est sans nul doute une conteuse de talent.

Son livre a d’ailleurs été récompensé à de multiples occasions par une dizaine de prix , dont le prix national Lions de littérature e, 2016, le prix Chronos 2016 et le prix intercommunal Lire Élire 2016.

Ma note : 16/20
valerie-perrin_5365355.jpg
photo  JSL