Acteurs 

José Acosta

Carmiña Martinez

Natalia Reyes

Jhon Narvaes

José Vicente

Greider Meza

Juan Martinez

Synopsis

Dans les années 1970, en Colombie, une famille d'indigènes Wayuu se retrouve au cœur de la vente florissante de marijuana à la jeunesse américaine. Quand l'honneur des familles tente de résister à l'avidité des hommes, la guerre des clans devient inévitable et met en péril leurs vies, leur culture et leurs traditions ancestrales. C'est la naissance des cartels de la drogue.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Mon commentaire

Si les films traitant des trafics de drogue en Colombie sont légion, en revanche, jusqu’à ces « Oiseaux de passage », film coréalisé par Ciro Guerra et Carolina Gallego, peu de réalisateurs s’étaient intéressés à l’origine de la culture de la marijuana et à son développement exponentiel. Visiblement, dans les années 60, date à laquelle commence cette histoire, les provinces comme celle de la Guajira – aux paysages quasi désertiques qui font plutôt penser au Mexique -concernées par cette culture sont habitées par des tribus indigènes puissantes, attachées à des coutumes ancestrales et qui ont des règles de fonctionnement sociétales extrêmement précises. Même pour Rapayet (José Acosta) jeune homme qui doit se plier à différents rites pour obtenir la main d’Ursula (Carmiña Martinez), qui appartient aussi à une autre tribu Wayyu : c’est lorsqu’il doit rassembler la dot que Rapayet va être obligé de faire des efforts pour répondre aux exigences de la famille de sa belle. Grâce à l’aide de son pote Moisés (Jhon Narvaes), il réalise qu’en vendant de la drogue à de jeunes ‘gringos’ américains en goguette, il va pouvoir réunir les fonds souhaités. Le trafic va démarrer et assurer la fortune du clan, même si Rapayet et Moisés vont devoir rapidement s’associer avec un autre, afin de faire face à une demande en pleine explosion. La soudaine richesse provenant de ces trafics qui s’accroissent met en péril les traditions les plus ancestrales. Bien évidemment, les règlements de compte les plus sanglants entre les différents cartels vont bientôt faire leur apparition, au grand dam des anciens, porteurs des traditions.

Le film est découpé en cinq parties, ou plutôt en cinq chants (pas vraiment lyriques !) retraçant les différentes étapes des vies des clans entre 1969 et 1980. Une fois passée une sensation de lenteur extrême, la première réaction qu’on éprouve devant ce western décalé et violent, c’est la constatation de voir combien ces tribus indigènes vivaient totalement en marge de la société occidentale, d’autant que les membres s’expriment dans un dialecte qui n’a rien en commun avec la langue espagnole d’usage.

Le mariage, les diverses cérémonies ou hommages ethniques donnent lieu à des images absolument magnifiques et assez inattendues. Difficile cependant de s’attacher aux personnages quels qu’ils soient, tant ils sont durs et cruels, tant l’enrichissement des uns au détriment des autres aura des conséquences effroyables, simplement parce qu’on ne peut impunément bafouer les traditions ancestrales.

Bien que trop long (le film dure plus de 2 heures), cette sensation étant accentuée par des scènes extrêmement lentes et pratiquement sans échanges, cet étrange film mystique et très violent tient néanmoins en haleine, ne serait ce parce que l’on ne sait pas trop comment cette histoire de clans enchaînant les règlements de compte va s’achever. Au fait, quid de l’intérêt final de ces règlements de compte, hormis un sentiment d’orgueil exacerbé à assouvir ? Un film fascinant mais ambigu, à ne surtout pas montrer aux âmes sensibles.

Ma note : 14/20