les guerres
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Résumé

« Quand j’évoque mon père devant ses proches, bientôt trente ans après sa mort, ils sourient toujours, un sourire reconnaissant pour sa générosité. Il répétait, il ne faut laisser que des bons souvenirs. Il disait aussi, on ne parle pas des choses qui fâchent. À le voir vivre, on ne pouvait rien deviner des guerres qu’il avait traversées. J’ai découvert ce qu’il cachait, la violence, l’exil, les destructions et la honte, j’ai compris que sa manière d’être était un état de survie et de résistance.
Quand je regarde cette photo en couverture de ce livre, moi à l’âge de deux ans sur les épaules de mon père, je vois l’arrogance de mon regard d’enfant, son amour était immortel. Sa mort à la sortie de l’adolescence m’a laissée dans un état
de grande solitude. En écrivant, en enquêtant dans les archives, pour comprendre
ce que mon père fuyait, je me suis avouée, pour la première fois, que nous n’étions pas coupables de nos errances en tout genre et que, peut-être, je pouvais accepter d’être aimée. »

Mon Commentaire

Colombe Schneck est partie sur les traces de son père Gilbert, quelque 25 ans après sa disparition, comme si elle exprimait le besoin d’exorciser à tout prix un certain nombre de démons liés à son existence. Ainsi, avec ce roman très intime, elle nous raconte l’histoire de ses aïeux, ses grands parents juifs hongrois qui ont été contraints d’émigre vers l’ouest, en Alsace, au moment de la dislocation de l’empire. Puis avec la montée du nazisme, elle nous rappelle combien les liens ont été intimes entre les Alsaciens et les Périgourdins et autres Occitans, qui ont choisi de protéger au péril de leur vie les juifs qu’ils ont accueillis. Mais les guerres dont parle la romancière ne se limitent pas à la seconde guerre mondiale, c’est également le récit par notes et rapports des trente mois passés par Gilbert comme chirurgien en pleine guerre d’Algérie. C’est aussi tout le travail de recherche opéré par son père, puis par Colombe, pour élucider le meurtre étrange du patriarche, personnage certes atypique mais dont le souvenir et la mémoire ont été trainés dans la boue.

Colombe Schneck a poursuivi ses recherches avec opiniâtreté  afin de démêler le vrai du faux et comprendre qui était réellement ce père optimiste permanent et séducteur en diable qui bien qu’ayant accepté de se marier avec Hélène, la mère de l’auteure, a multiplié les conquêtes et les infidélités.

« Les guerres de mon père » est un cours roman d’une grande fluidité qui passionne de bout en bout et revient sur près d’un siècle d’histoire. Colombe Schneck parviendra à découvrir des pans cachés et soi disant honteux de l’histoire de sa famille. Elle nous livre ici un récit qui fait non seulement la part belle à la généalogie et qui grâce à un très gros travail d’archiviste mélangeant petite et grande Histoire réussit à rendre un très bel hommage souvent émouvant à ce père si mystérieux.

"Les guerres de mon père" a obtenu le Prix Marcel Pagnol 2018

Ma note : 16/20

Photo Nice Matin