Résumé

Aux États-Unis, le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, est agressé en public par une femme d'âge mûr, Faye Andresen-Anderson. Les médias s'emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d'anglais à l'université de Chicago, passe à côté du fait divers, trop occupé à jouer en ligne. Pourtant, Calamity Packer n'est autre que sa mère !

Mon Commentaire

C’est fait ! Je viens de terminer -non sans mal- la lecture de ce pavé de plus de 900 pages (dans sa version poche), « Les fantômes du vieux pays », le premier roman de l’écrivain Nathan Hill. Pourquoi cette remarque ? Parce que si le pitch du livre semblait original et alléchant, la découverte de la trame est beaucoup plus laborieuse. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’on n’éprouve aucun plaisir à la lecture de ce roman, bien écrit et très documenté. Mais sa lecture nécessite beaucoup de patience parce qu’il foisonne d’informations diverses et variées et que l’auteur aborde des sujets trop multiples dont l’intérêt ne paraît pas primordial par rapport à l’histoire qu’il veut raconter !
En effet, si on se prend d’intérêt pour les préliminaires d’élections présidentielles de 2011, notre attention faiblit d’emblée lors de l’explication des règles du jeu en ligne sur lesquels sont connectés tous les jours sans répit des internautes accros qui se sont choisi des personnages d’elfe ou d’orque !
De même, on prendra plaisir à comparer comment était organisée la vie d’un étudiant dans une ville de province dans les années 60 et le fonctionnement de celle des mêmes étudiants 50 ans plus tard....L’un des points d’intérêt essentiels du roman concerne tous les différents chapitres brossant le portrait des générations de la fin des années 60, contestataires mais pacifistes car opposées à la Guerre du Vietnam. Et on ne peut que frissonner à l’évocation des dispositions répressives hors normes et le matraquage mené à tout va par la police contre les manifestants à Chicago… Tout cela sans la moindre indisposition ni des politiques, ni des médias qui au contraire semblent avoir convaincu la population du bien-fondé de ces actes...
De même, s’il est intéressant d’analyser dans quelles mesures des décisions de vie mises en application par des parents peuvent se renouveler au niveau de leurs enfants, je ne suis pas persuadé de l’intérêt de développer abondamment sur les légendes et les superstitions scandinaves, "the Nix", hormis peut-être pour le simple fait de pouvoir expliquer le titre du roman.
Ce roman fleuve très ambitieux retraçant un drame familial sur un demi-siècle aurait gagné à être plus sobre et plus concis. À force de multiplier les personnages, les descriptions, les observations, les explications et aussi les histoires parallèles sans réelle connexion, l’intérêt du lecteur s’émousse au point d’éclipser la qualité de cette histoire incroyable, celle de Samuel, ce professeur d’université de Chicago écrivain qui désire comprendre qui il est en recherchant ses racines. Il va ainsi mener à tâtons son enquête à partir des informations recueillies par les médias et tenter de découvrir la vérité sur Faye Andresen-Anderson, cette femme d’âge mûr qui aussi cette mère étrange, qui l’a abandonné sans explication lorsqu’il était tout jeune, et qui se trouve aujourd’hui inculpée pour l’agression du Gouverneur Packer, candidat républicain aux élections présidentielles .

Malgré la longueur de ce premier roman, nul doute que Nathan Hill est un jeune romancier avec lequel il va falloir désormais compter.

Ma note : 12/20
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photo Causeur