Acteurs

Asher Lax

Jacob Cohen

Ami Smolartchick

Keren Berger

Synopsis

Dès l’école primaire, puis au collège et au lycée, Asher, 17 ans, a toujours été un fauteur de troubles impulsif. Il a du mal à se concentrer en classe, est sujet à des accès de colère et de violence. Il est toutefois également doté d’un grand charme et se montre extrêmement débrouillard. Son père, très strict, le considère comme son successeur naturel qui reprendra l’affaire familiale d’échafaudages, mais Asher trouve un autre modèle masculin en la personne de son professeur de littérature, Rami, et noue avec ce dernier une relation très particulière. Déchiré entre ces deux mondes, Asher se cherche une autre vie et une nouvelle identité. Une tragédie soudaine le soumet à une ultime épreuve qui forgera sa maturité.

Mon commentaire

Ce premier film du réalisateur israélien Matan Yair a le mérite de faire ressentir au spectateur beaucoup d’authenticité. Il se trouve que le metteur en scène a partagé le sort de ce professeur de littérature, Romi (Ami Smolartchick), qui dans sa classe de préparation au baccalauréat a pu rencontrer de nombreux élèves issus de milieux ouvriers très humbles, dont le portrait s’apparente de façon très proche au personnage d’Asher (Asher Lax), à la fois coléreux, naïf, provoquant mais charmeur et plein d’une intelligence pratique. L’avenir d’Asher est d’ailleurs tout trouvé : il doit prendre la suite de son père Milo (Jacob Cohen) à la tête de l’entreprise familiale d’échafaudage (Scaffolding en anglais). Pour Milo, l’éducation est tout sauf utile : ce n’est qu’une perte de temps et une mauvaise image à transmettre aux employés que se ‘tuent’ à la tâche sur les chantiers, alors que l’étude n’est qu’une pure perte de temps. La rencontre d’Asher avec Romi le professeur de littérature classique va faire basculer le destin du premier, mais influer sur celui du second...

On a vraiment du mal à réaliser qu’en ce début du XXIème siècle, l’illettrisme touche encore un grand nombre de jeunes, y compris en Israël, un pays considéré comme très développé économiquement, même si certes cela se passe dans les milieux les moins favorisés. On découvre que parmi les candidats au bac, certains élèves ne savent pas encore lire couramment ! Alors qu’il ne faut pas perdre de vue que l’examen exige qu’ils lisent et analysent des tragédies grecques. Dans ces conditions, on peut bien entendu mesurer le gouffre qui sépare l’élève du professeur…Pour Asher, le simple fait de parvenir à obtenir son bac va prendre l’ascendant sur tout le reste de sa vie, révélant la grande fragilité existant dans la relation entre son père Milo et lui-même. Pour la première fois de son existence, il va s’autoriser à lui poser des questions qu’il n’avait jamais envisagées, faisant trembler la structure de cet échafaudage fragile de leur relation, bien au delà de la solidité réputée des équipements montés en toute sécurité par l’entreprise (très belle parabole !).

Malgré un certain nombre d’ellipses et de non réponses à des questions que le film pose, l’intérêt de cette histoire réside bien sûr dans l’analyse psychologique des différents personnages, ainsi que dans son traitement très inspiré de la veine des cinéastes existentialistes tels Ken Loach. Cela est d’autant plus vrai que tous les acteurs du film s’avèrent être des non professionnels. Un film à découvrir, ne serait ce de plus que pour l’interprétation étonnante de force d’Asher Lax, véritable révélation.

Ma note : 14/20