Acteurs :

Charles Aznavour

Texte dit par Romain Duris

Synopsis

En 1948, ‪Edith Piaf offre sa première caméra à ‪Charles Aznavour, une paillard qui ne le quittera plus.
Jusqu’en 1982 Charles filmera des heures de pellicules qui formeront le corpus de son journal filmé.
Aznavour filme sa vie et vit comme il filme. Partout où il va, sa caméra est là, avec lui. Elle enregistre tout. Les moments de vie, les lieux qu’il traverse, ses amis, ses amours, ses emmerdes.
Quelques mois avant sa disparition il entame avec Marc di Domenico le dérushage de ses films. Il décide alors d’en faire un film, son film. “Le regard de Charles" : le journal filmé d’une légende mondiale.

Mon Commentaire

« Le regard de Charles » est un documentaire inattendu et original, puisqu’il est constitué par toute une série de films tournés par le chanteur de 1947 ou 1982 avec une caméra qui lui avait été offerte par Edith Piaf. C’est lors d’une soirée arrosée que le chanteur parlera de l’existence de toutes ces bobines avec Marc di Domenico, réalisateur qui a décidé ici de les porter à l’écran. Mais les sources sont tellement riches et nombreuses qu’il est difficile d’en trouver un fil conducteur clair. En effet, Aznavour filme tous azimuts : ses compagnes, ses voyages à travers le monde, ses galas, ses débuts de jazzman…Il transparait ici que le ‘Petit’ Charles est avide de notoriété, de reconnaissance, lui qui est arrivé à Paris en catimini avec ses parents d’origine très modeste et qui s’est juré de voir son nom en « haut de l’affiche ».Même s’il aime filmer les autres, il ne dédaigne pas non plus sous couvert de fausse modestie de se retrouver devant la caméra, jouant le séducteur ténébreux. D’ailleurs, l’image que restitue de lui ce documentaire n’est pas forcément à son avantage, notamment dans la façon dont il a traité ses compagnes et d’une façon plus générale la gente féminine, dès lors qu’elles ne partageaient plus totalement son immense soif de reconnaissance, pas plus d’ailleurs que lorsqu’on évoque sa richesse et la façon dispendieuse qu’il avait vis-à-vis des moyens utilisés pour se mettre en avant.

A côté de cela, on retrouve avec grand plaisir des scènes mythiques du tournage d’ « Un Taxi pour Tobrouk » aux côtés de Lino Ventura et de Maurice Biraud, ou encore quelques instants du film de Truffaut « Tirez sur le pianiste », images fugaces qui nous replongent dans un univers des années 60, à l’époque innocente des starlettes en goguette. C’est lors de ces moments d’émotion qu’on se sent même un peu frustré de ne pas en voir davantage…

Le film a le mérite également de refaire un point sur le sentiment arménien de Charles Aznavour, alors qu’il n’y a jamais vécu, ainsi que sur l’importance de cette famille qui a peu renaître grâce au succès planétaire de l’artiste. On est également touché d’apprendre que Charles a perdu un fils d’une overdose à l’âge de 25 ans, le secret ayant été jusqu’ici bien gardé.

Dommage toutefois que ces bobines soient essentiellement concentrées sur les deux décennies 50 et 60, moins en revanche sur les années 70…Mais il était sans doute difficile de tout synthétiser en moins de 90 minutes.

Un hommage intéressant au talent et à la forte personnalité de l’artiste, même si la qualité du documentaire est un peu inégale.

 

Ma note :   13/20