Le-Neveu-d-Amerique
Le-Neveu-d-Amerique
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Résumé

Enfant, Luis Sepúlveda a fait une promesse à son grand-père : retourner un jour en Andalousie, à Martos, le village d'où celui-ci partit pour l'Amérique. Mais avant d'y parvenir, notre infatigable voyageur aura parcouru le continent latino-américain en pratiquant toutes sortes de métiers. Il aura rencontré nombre de gens aux destins singuliers. Il aura subi les systèmes totalitaires et vécu quelques histoires aux allures fantastiques.
Avec ces récits, Luis Sepúlveda nous fait partager, au fil de multiples péripéties, une vie d'errances, de rêves et d'engagements, où à la beauté du réel s'allie une imagination foisonnante.

Mon Commentaire

Sous couvert d’une promesse faite à 11 ans par l’écrivain Luis Sepúlveda à son grand père, anarchiste espagnol en exil au Chili sur son lit de mort, ‘Le neveu d’Amérique’ s’apparente à un carnet de voyages passionnant qui suit l’itinéraire pas forcément linéaire (sic !) qu’il va suivre pour arriver à Martos, petit village d’Andalousie sur la terre d’origine des ancêtres. Pour ceux qui l’ignoraient, il faut rappeler que Luis Sepúlveda est une écrivain communiste chilien, alors que sévit dans le pays l’implacable dictature de Pinochet. A cette époque, être communiste signifie l’obtention d’un "billet pour nulle part". Nulle part, ce fut la prison de Temuco où Sepulveda séjourna durant 942 jours. Il y retrouva "presque la totalité du corps enseignant des universités du sud" et, ensemble, ils créèrent le "Grand Amphithéâtre de l'Athénée de Temuco" où ils échangèrent leurs disciplines respectives entre deux séances de torture. Libéré en juin 1976 à l'initiative d’Amnesty International…Sepulveda dut s'exiler mais il le fit par le chemin des écoliers, en sillonnant le vaste continent sud-américain.

Chacun des chapitres du livre rédigé dans un ordre néanmoins chronologique constitue comme une pièce du grand puzzle de la vie de l’auteur sur le chemin de cet exil. Il va parcourir le continent sud-américain en pratiquant toutes sortes de métiers, mais aussi en rencontrant toutes sortes de personnages aux destins – et même souvent au passé -peu ordinaires. Les chapitres s’égrènent ici et permettent de mieux comprendre l’état d’esprit de Sepúlveda, découvrir les lieux les plus reculés et faire connaissance avec ses rencontres, ainsi que de partager toute une série d’anecdotes insolites ou étranges… En résumé, tout est bon pour appeler la liberté par son nom, pour boire jusqu'à plus soif et refaire le monde, du moment que chacun donne le meilleur de lui-même…

On ne s’ennuie absolument pas à la lecture de ce recueil foisonnant d’expériences, si bien que c’est avec une pointe de regret qu’on accompagne Sepúlveda au bout de son périple, où la rencontre avec le frère cadet resté en Andalousie du grand père est particulièrement touchante.

167 pages à dévorer littéralement !

Ma note : 16/20
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Photo radiofrance.fr