Résumé

Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c'est comme si j'avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation. Une jeune fille a disparu.
Une jeune fille dont le narrateur avait entrepris de faire le portrait. Une jeune fille aux yeux comme une flamme gelée. Une jeune fille qui l'intrigue et qui pourrait être liée à Menshiki.
Il va rendre visite au vieux peintre Tomohiko Amada. Là, dans la chambre d'hôpital, apparaît le Commandeur.
Le Commandeur est prêt à offrir sa vie pour que la jeune fille soit retrouvée. Il faut faire revivre la scène du tableau, le Commandeur doit être poignardé.
Le narrateur lui plante un couteau dans le cœur.
Une trappe s'ouvre dans un coin de la chambre. Un personnage étrange en surgit, qui l'invite à entrer dans le passage souterrain. Le début d'un périple qui va conduire le narrateur au-devant des forces du mal...
Deuxième livre d'une œuvre exceptionnelle, dans la lignée du monumental 1Q84, un roman somme, ambitieux, profond. Deux tomes pour une odyssée initiatique étrange, inquiétante, envoûtante, où le maître Murakami dévoile ses obsessions les plus intimes.

Mon Commentaire

Après un premier livre créant une ambiance à la fois très intime et paradoxalement irréelle, ce second tome intitulé « La métaphore se déplace » incline clairement vers le fantastique et le suspens, mais pas seulement...

Avec le brio qu’on lui connaît déjà, Haruki Murakami, à la manière d’un véritable peintre, incarné ici par le narrateur, brosse la toile de fond d’un drame en puissance, en ayant pris soin de redonner certains coups de pinceaux décisifs comme pour mieux suggérer le mystère, les tensions impalpables entre les protagonistes mais aussi esquisser les complicités naissantes.

Ainsi, après le premier tiers du roman, le point de basculement est atteint avec la disparition soudaine de Marié, la jeune adolescente de 13 ans qui sert de modèle au narrateur qui a accepté d ’en faire le portrait et qui suscite l’intérêt spécifique de Menshiki. Jeune fille elle-même extrêmement secrète, pleine d’interrogations, mais très curieuse et à l’incroyable vivacité d’esprit…

C’est le narrateur qui va devoir malgré lui partir à sa recherche, sur les ordres du « Commandeur », cette espèce d’idée incarnée qui intervient çà et là pour lui prodiguer des jugements et  lui donner quelques indices clés permettant d’avancer.

Oscillant une fois de plus entre le fantastique, l’analyse historique mais aussi l’art, qu’il s’agisse de peinture comme de compositions musicales, Murakami nous entraîne dans une histoire étrange mais passionnante, où onirisme et éléments classiques se côtoient agréablement. Tout cela avec une plume magnifique et fluide qui n’hésite pas à tendre du côté de la poésie. Le roman gagne aussi en efficacité grâce aussi à l’intensité des dialogues, qui permettent à l’auteur d’évoquer au fil des pages tous ses doutes à propos de sujets graves, tels que la vie de couple, la paternité ou les bienfaits de la solitude, comme de façon très légère de son intérêt pour les belles voitures puissantes ou l’importance des tenues vestimentaires.

Ce livre où se mêlent les réalités banales du quotidien aux mystères de l’invisible, des fantasmes et des rêves est une réussite totale du même cru qualitatif que la série « 1Q84 »(sorti en 2009) dont il faut quelques jours au lecteur pour oublier l’univers si prenant.

Ma note : 17/20

Photo frachet.canalblog.com